Le serment du 6e congrès du PCT
Depuis le 27 décembre, le Palais des congrès de Brazzaville résonne des chants du Parti congolais du travail, réuni pour son 6e congrès ordinaire, moment charnière pour la majorité présidentielle.
Trois mille congressistes, épaulés par des délégations d’une vingtaine de partis étrangers et d’une quarantaine de formations nationales, y débattent de l’avenir politique du pays sous le regard attentif de l’opposition.
Dès l’ouverture, le secrétaire général Pierre Moussa a planté le décor : l’heure est à l’adoption d’une ligne claire, celle de la continuité incarnée par le chef de l’État.
Les raisons avancées par Pierre Moussa
Dans un discours bilan et d’orientation, l’ancien ministre de l’Économie a justifié la sollicitation d’une nouvelle candidature de Denis Sassou Nguesso par la recherche de stabilité et la préservation des acquis institutionnels.
« La seule voie sûre pour garantir la paix nationale demeure notre champion », a-t-il lancé, sous une salve d’applaudissements galvanisée par les chants venus des travées du Palais des congrès.
Pierre Moussa a rappelé la proximité historique du président avec Marien Ngouabi, y voyant l’argument d’une expérience rare et l’assurance d’une boussole fiable dans un contexte international jugé incertain.
Un parti en ordre de bataille
Le PCT se dit prêt pour 2026 avec sérénité, confiance et ambition, triptyque résumé en trois impératifs : mobilisation totale, discipline exemplaire et fidélité aux valeurs fondatrices.
Un plan d’actions pluriannuel a dynamisé les sections, amélioré les performances électorales et renforcé les passerelles avec le monde associatif, socle d’un ancrage territorial revendiqué par la direction.
Douze sièges ont déjà été inaugurés, six autres sont en cours, tandis qu’une campagne permanente d’adhésion a porté les effectifs de 473 700 membres en 2020 à 615 300 aujourd’hui.
Les résultats électoraux comme argument
Le secrétaire général a exhibé un tableau chiffré : 112 députés sur 151, 59 sénateurs sur 72 et 652 conseillers locaux sur 1154, autant de conquêtes présentées comme gages de solidité.
Ces succès, engrangés lors de la présidentielle de 2021 puis des législatives, locales et sénatoriales suivantes, confortent la position dominante du PCT au sein de la majorité présidentielle.
Ils dessinent surtout, insiste-t-il, un corridor jugé quasi imperméable à l’opposition, rendant « très ardu » tout scénario de défaite pour le parti lors des joutes à venir.
Les défis socio-économiques à l’horizon 2026
En coulisse, plusieurs congressistes pointent les défis économiques, sociaux et environnementaux attendus, auxquels le programme du PCT promet de répondre par des solutions jugées concrètes.
Le discours officiel met en avant l’écoute des préoccupations populaires, de l’emploi des jeunes aux infrastructures de base, comme fil conducteur d’une plateforme appelée à être affinée.
La direction assure qu’experts et forces vives seront mobilisés pour traduire ces priorités en actions tout en préservant l’équilibre budgétaire défendu au cours des derniers exercices.
L’expérience de Sassou N’Guesso mise en avant
Figure centrale du congrès, Denis Sassou Nguesso est présenté comme le ciment d’une unité nationale que beaucoup estiment fragile à l’échelle régionale.
« Il porte la paix dans son génome politique », martèle Pierre Moussa, y voyant un gage de prévisibilité pour les investisseurs et de continuité pour les partenaires bilatéraux.
Cette rhétorique résonne chez les congressistes, certains rappelant que les crises régionales plaident pour la conservation d’un leadership éprouvé plutôt qu’une expérimentation incertaine.
La stratégie de mobilisation des militants
Pour transformer la popularité affichée en majorité numérique, le PCT compte sur chaque adhérent, invité à convaincre trois ou quatre sympathisants supplémentaires, démultipliant ainsi le potentiel de voix.
Les cellules de quartier, cheville ouvrière du parti, seront renforcées afin de maintenir un contact permanent avec les électeurs et de remonter leurs préoccupations vers l’état-major.
Une campagne numérique plus offensive est également promise pour toucher l’électorat urbain et la diaspora connectée, jugée décisive dans l’issue du scrutin.
Un calendrier crucial d’ici mars 2026
Le congrès doit se clore sur une motion d’investiture formelle, ouvrant un cycle de consultations dans les départements pour harmoniser les stratégies locales avant la campagne officielle.
Les instances prévoient des évaluations intermédiaires tous les six mois afin de mesurer l’avancement des objectifs et de corriger les éventuelles failles de mobilisation. Des rapports trimestriels numériques viendront compléter ce suivi pour garantir la réactivité des équipes de terrain.
À Brazzaville, nombreux estiment que la clarification précoce autour de la candidature facilite la planification, tandis que le pays peut cheminer sereinement vers le scrutin présidentiel crucial de mars 2026.
Des voix prudentes au sein des invités
Parmi les invités issus de l’opposition, certains responsables se disent satisfaits d’être associés aux travaux mais préfèrent attendre la publication des résolutions pour se prononcer, estimant qu’une candidature unique ne doit pas occulter le débat d’idées.
Un cadre d’un petit parti centriste, approché en marge des séances, souligne toutefois que la stabilité évoquée par le PCT doit se traduire dans la vie quotidienne des Congolais, en particulier sur les plans du pouvoir d’achat et de l’emploi.
À l’international, les délégués étrangers présents se limitent pour l’heure à saluer la bonne organisation du congrès, tout en affirmant suivre avec intérêt la dynamique politique congolaise en vue d’éventuels partenariats économiques.
