Une alerte administrative sur 3 719 passeports
Le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, cité par la presse locale, signale un stock important de passeports établis mais non retirés. L’information, présentée comme issue de la tutelle, vise à attirer l’attention des demandeurs et des services concernés.
Selon le décompte communiqué à ce jour, 3 719 citoyens congolais n’ont pas récupéré leur passeport. Ces documents, pourtant prêts, demeurent dans les administrations où ils auraient dû être retirés, ce qui complique la tenue des registres et la gestion des dossiers.
Des documents en attente depuis 2002
Le détail des listes montre que la situation ne date pas d’hier. Trois passeports non retirés figurent depuis 2002, un depuis 2012, sept depuis 2019 et seize depuis 2020, signe d’un phénomène ancien, aux causes variées selon les parcours des demandeurs.
Pour l’administration, ces dossiers en suspens posent une question de suivi et d’actualisation des informations. Un passeport est un document sensible : même conservé dans les services, sa non-récupération prolonge inutilement une procédure qui, sur le papier, est déjà terminée.
Depuis 2021, une hausse année après année
Le ministère observe un tournant à partir de 2021, période à partir de laquelle le nombre de passeports non retirés augmente d’année en année. Sans prêter d’intentions aux usagers, la tendance laisse penser à des difficultés de coordination ou à des changements de situation personnelle.
Les raisons possibles restent à préciser au cas par cas : déplacements, contraintes professionnelles, manque d’information sur la disponibilité du document, ou encore démarches entamées puis interrompues. Dans tous les cas, l’accumulation finit par créer un stock qui appelle une réponse publique.
Le paradoxe de 2025 malgré la « crise du passeport »
Le chiffre mis en avant pour 2025 retient particulièrement l’attention. Cette année-là, 556 citoyens n’auraient pas récupéré leur passeport, alors même que la question du passeport avait alimenté des revendications et une forte attente de la part de nombreux demandeurs.
Au ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, on dit déplorer ce paradoxe. Le contraste entre la pression exprimée par certains usagers et l’existence de documents déjà prêts mais laissés en souffrance interroge sur la chaîne d’information entre services et demandeurs.
En France, un dispositif d’enrôlement biométrique sur place
La question touche aussi la diaspora, notamment en France, où l’accès au passeport conditionne souvent les démarches administratives. Le texte rappelle qu’à Paris, un centre pilote d’enrôlement pour l’obtention de passeports biométriques sur place a été obtenu par l’ambassadeur Rodolphe Adada à partir du 15 mars 2018.
L’objectif de ce dispositif était d’éviter, pour certains usagers, le déplacement jusqu’à Brazzaville. Cette organisation, reposant sur une coordination consulaire et des services compétents, s’inscrit dans la logique d’un service public de proximité, adapté aux contraintes des Congolais établis à l’étranger.
Vers des antennes d’enrôlement dans la juridiction diplomatique
Le nouveau ministre-conseiller de l’ambassade de la République du Congo en France, Armand Rémy Balloud-Tabawé, indique prévoir l’extension d’antennes d’enrôlement sur l’ensemble de la juridiction relevant de sa diplomatie. La démarche est annoncée en accord avec sa hiérarchie et les services concernés.
L’enjeu est pratique : dans plusieurs pays, les services d’immigration exigent en priorité des passeports en cours de validité. Pour les personnes concernées, disposer d’un document à jour facilite la mobilité, sécurise les situations administratives et réduit le risque de démarches urgentes.
Entre information des usagers et suivi des dossiers
L’alerte lancée par le ministère ressemble à un rappel à l’ordre administratif autant qu’à un appel aux citoyens. En rendant public le volume de passeports non retirés et la profondeur historique du phénomène, l’administration cherche à fluidifier la fin de chaîne, celle du retrait effectif.
Dans un contexte où les attentes sur les documents de voyage sont fortes, la mise à disposition de solutions d’enrôlement, notamment pour la diaspora, et un meilleur repérage des passeports déjà établis peuvent contribuer à réduire les stocks. Reste, pour chaque demandeur, à accomplir le dernier geste : venir retirer son passeport.
