Réaffirmation solennelle de la loyauté nationale
Le 31 décembre à Brazzaville, le général de division Guy Blanchard Okoï, chef d’état-major général des Forces armées congolaises et coordonnateur du Groupe d’anticipation stratégique, a martelé la fidélité de la Force publique aux institutions de la République du Congo.
Face au président Denis Sassou Nguesso, chef suprême des armées, il a juré que, conformément au serment prêté, les militaires maintiendront la défense du territoire et la protection des populations comme priorité intangible, quelles que soient les circonstances internes ou régionales.
Le Réveillon d’armes, un moment stratégique
Le réveillon d’armes, rituel qui clôt chaque année, permet au chef de l’État de dialoguer directement avec toutes les composantes militaires, pérennisant ainsi une tradition de proximité et de cohésion entre le commandement politique et la troupe.
L’édition 2025 a, selon le général Okoï, prolongé les orientations données fin 2024 : modernisation des capacités, vigilance territoriale et contribution aux grands chantiers nationaux. Ce cadre fixe la boussole opérationnelle pour les douze prochains mois.
Sécuriser la présidentielle de mars 2026
Premier objectif dévoilé : garantir un climat apaisé durant l’élection présidentielle programmée en mars 2026. La Force publique entend déployer un dispositif préventif pour sécuriser bureaux de vote, acheminement du matériel et protection des acteurs électoraux.
La conférence initiale de planification a déjà défini les lignes d’effort, depuis la coordination avec les organes électoraux jusqu’au soutien logistique dans les zones les plus reculées. L’intention est d’assurer des opérations sans heurts et une participation citoyenne sereine.
Recrutement 2023 : formation et déploiement
Pour honorer cet agenda, le rajeunissement des effectifs reste crucial. Les campagnes d’incorporation du contingent 2023 ont été conduites au prorata des besoins fixés par les textes réglementaires, souligne le chef d’état-major général.
Les soldats de la vague A ont déjà rejoint leurs unités de combat où ils poursuivent les formations de spécialité par armes, tandis que ceux de la vague B achèvent une instruction complémentaire orientée vers les techniques d’appui.
Les recrues de la dernière vague terminent quant à elles la formation commune de base. Cette phase, considérée comme le socle du professionnalisme militaire, consolide discipline, cohésion et capacité d’analyse avant toute spécialisation.
Vagues spécialisées : ingénieurs et musiciens
Un recrutement ciblé a également visé des profils techniques dans le génie et la musique. Ces jeunes, intégrés sous le label vague C, renforceront les unités de génie-travaux et donneront un nouvel élan à la musique principale des Forces armées congolaises.
Sur les chantiers, ces personnels permettront de soutenir les programmes d’infrastructures civiles ou humanitaires, tandis que l’orchestre militaire, vecteur de diplomatie culturelle, accompagnera les cérémonies républicaines et les opérations de moral des troupes.
Police et gendarmerie : montée en puissance
Du côté de la police et de la gendarmerie nationales, les jeunes incorporés ont récemment été présentés au drapeau, marquant la fin de leur formation commune et le début d’un cursus professionnel de douze mois articulé autour d’enquêtes, maintien de l’ordre et proximité communautaire.
Cette montée en compétence, couplée à l’opérationnalisation de la première campagne du génie-travaux, participe à la mutualisation des moyens sécuritaires et à la résilience des services chargés de l’autorité de l’État dans chaque département.
Opération Zéro Kuluna : impact dans les quartiers
Lancée pour lutter contre le banditisme urbain, l’opération Zéro Kuluna continue de produire des résultats tangibles. Selon le général Okoï, la réappropriation de l’espace public par les habitants se traduit par une baisse sensible des agressions dans plusieurs localités.
L’adhésion communautaire renforce le renseignement de proximité et facilite l’implantation d’activités économiques nocturnes, signe d’un retour à la confiance. Le commandement estime ainsi répondre à la fois aux attentes présidentielles et aux préoccupations quotidiennes des citoyens.
Symbole et perspectives
En gage de cette dynamique, le chef d’état-major a offert au président de la République une carte du Congo, rappel visuel de l’intégrité territoriale que la Force publique s’engage à préserver, de la Likouala jusqu’au Kouilou.
Alors que 2026 se profile, la stratégie défendue lors du réveillon d’armes articule sécurité électorale, professionnalisation des effectifs et lutte contre la délinquance. Autant de leviers que l’état-major qualifie de « socle de stabilité et de développement » pour la nation.
