Record au troisième trimestre 2025
Fin septembre 2025, le marché tunisien des assurances a franchi une borne symbolique. Les recettes cumulées des compagnies s’établissent à 3 123,3 millions de dinars, soit près de 1,08 milliard de dollars, dévoile le Comité général des assurances dans ses statistiques trimestrielles.
À la même période de 2024, le secteur déclarait 2 802,3 millions de dinars. La progression annuelle atteint donc 321 millions, soit un bond de plus de onze pour cent, un rythme jugé « favorable » par l’autorité qui supervise trente et une compagnies agréées.
Le franchissement du seuil psychologique du milliard de dollars constitue, pour les opérateurs, un motif de confiance. Il signale l’enracinement de l’assurance dans la vie économique tunisienne et l’élargissement progressif de la base de clients particuliers et professionnels.
Pourtant, le rapport du CGA demeure succinct. Il ne fournit pas la ventilation entre branches vie et dommages, ni le détail des primes nouvelles et des renouvellements. Les investisseurs devront patienter jusqu’au rapport annuel pour connaître la structure fine du chiffre d’affaires.
Cap du milliard : un baromètre sectoriel
L’indicateur principal scruté par le marché reste le volume de primes encaissées. En dépassant 3 123 millions de dinars, la profession se rapproche du produit intérieur brut tunisien à hauteur d’un pour cent, valeur symbolique surveillée par les économistes.
Une telle proportion suggère une meilleure pénétration de la couverture des risques, même si la densité d’assurance par habitant demeure en deçà des standards observés dans plusieurs économies émergentes. Le CGA souligne néanmoins la constance de la courbe depuis cinq exercices consécutifs.
Le communiqué officiel se borne à constater une hausse brute de 321 millions de dinars. Il n’explicite pas les ressorts précis de cet écart, renvoyant les observateurs aux tendances générales du marché et à l’évolution macroéconomique nationale.
Régulation et confiance des assurés
Le CGA affirme poursuivre ses missions de surveillance prudentielle. Le texte rappelle que toutes les compagnies doivent respecter des marges de solvabilité alignées sur les recommandations de l’Association internationale des contrôleurs d’assurance, gage de sécurité pour les épargnants.
Le document statistique précise que les montants sont consolidés conformément au référentiel comptable tunisien. Cette démarche, selon le CGA, vise à renforcer la lisibilité des indicateurs pour les professionnels, les assurés et les observateurs régionaux.
Le rapport emploie un vocabulaire jugé « favorable ». Il souligne que le respect des exigences prudentielles demeure « satisfaisant » au troisième trimestre, sans mentionner de défaillance notable parmi les acteurs recensés.
Lecture méthodologique et limites
La série publiée par le CGA montre déjà une amélioration entre 2024 et 2025, passant de 2 802,3 millions à 3 123,3 millions de dinars. Le gendarme du secteur évoque « un mouvement régulier », sans toutefois fournir de point de comparaison plus ancien dans ce relevé.
En rapprochant les montants annoncés, on déduit une augmentation moyenne d’environ trois pour cent par trimestre depuis janvier 2025. Le CGA ne précise pas si le dynamisme observé se prolongera sur les trois derniers mois de l’année.
Le CGA propose aussi l’équivalent en devise forte, soit 1,08 milliard de dollars. L’usage d’un taux de change moyen trimestriel vise à offrir une lecture stabilisée de la performance, particulièrement utile pour les investisseurs internationaux qui suivent l’évolution du marché tunisien.
En termes méthodologiques, le rapport s’appuie sur les déclarations des compagnies collectées par voie électronique. Cette procédure, instaurée il y a plusieurs exercices, assure une remontée accélérée des informations et réduit les écarts de reporting, rappelle le régulateur.
La note ne comporte aucune indication sur la sinistralité pour la période considérée. Les observateurs devront donc attendre les statistiques consolidées pour mesurer la rentabilité technique, qui pourrait différer de la simple croissance du chiffre d’affaires.
Le régulateur se borne à souligner que « la maîtrise des charges » demeure un objectif constant. Il renvoie aux prochains bilans pour toute information relative aux ratios de sinistres ou de frais généraux.
Des attentes désormais renforcées
La progression enregistrée entraine, dans le texte du CGA, un appel à la « poursuite des efforts » en matière de consolidation financière. L’autorité n’avance pas de cible chiffrée mais souligne que la discipline prudentielle demeure prioritaire.
Le document conclut sur des « chantiers prioritaires », mentionnés sans précision. Cette réserve laisse entrevoir une phase d’échanges techniques entre le superviseur et les compagnies avant l’élaboration du prochain plan d’actions sectoriel.
En attendant la publication des comptes définitifs de 2025, le seuil du milliard de dollars s’impose comme repère symbolique. Selon le CGA, il confère au marché une visibilité accrue sur la scène économique nationale.
Suivi continu annoncé
Le CGA conclut que la dynamique fera l’objet d’un « suivi continu ». Il annonce également la diffusion des indicateurs du quatrième trimestre « dans les meilleurs délais », afin de doter le marché d’une information actualisée.
Dans l’intervalle, les acteurs du marché poursuivent leurs opérations courantes sous le regard attentif du CGA. Ce dernier conclut son document par l’engagement de « maintenir un dialogue permanent » avec l’ensemble des parties prenantes afin d’accompagner la trajectoire ascendante du secteur actuelle.
