Un choix budgétaire assumé pour le Grand Caire
Le ministre égyptien de l’Industrie et des Transports, Kamel El-Wazir, a affirmé lundi que le projet de Bus Rapid Transit (BRT) du Grand Caire a ramené le coût d’investissement projeté à moins d’un milliard de dollars.
Selon lui, ce niveau contraste avec l’estimation de 6 milliards de dollars associée au plan initial de la ligne 5 du métro, un tronçon souterrain de 24 kilomètres envisagé avant l’option BRT.
Du métro souterrain à un réseau de 110 km en surface
Présenté comme une alternative plus rentable, le BRT se déploie non pas sous terre, mais le long de la Ring Road, avec une infrastructure majoritairement en surface. L’ambition affichée est un réseau de 110 kilomètres.
Le schéma de réalisation est fractionné en trois phases et prévoit 48 stations. L’objectif, tel qu’exposé pendant une inspection des travaux, est d’étendre rapidement l’offre de transport de masse autour du Grand Caire.
Phase II : 57 km, 21 stations, un chantier prioritaire
D’après Kamel El-Wazir, la phase II s’étend sur 57 kilomètres, d’El-Moshir Tantawy Station jusqu’à l’échangeur de Fayoum Road. Elle comprend 21 stations, ce qui en fait le segment le plus structurant du déploiement en cours.
Le ministre a expliqué que la forte demande constatée sur la phase I a conduit les équipes à chercher à accélérer l’achèvement de cette phase II, afin d’absorber davantage de flux sur le périphérique.
Phase I : premiers passagers, premiers signaux de demande
La phase I est déjà en exploitation entre l’intersection avec la route agricole Le Caire–Alexandrie et la station Police Academy. Les opérations d’essai avec passagers ont débuté le 1er juin, selon les informations communiquées.
Ce premier tronçon dessert 14 stations sur une longueur de 35 kilomètres. Pour les autorités, ce démarrage sert à la fois de vitrine technique et de test grandeur nature sur les usages et la régularité.
Tarifs du BRT : une grille au kilomètre et au nombre de stations
Le système tarifaire est annoncé comme indexé sur la distance. Les prix commencent à 5 livres égyptiennes (EGP) pour un trajet allant jusqu’à quatre stations, et sont plafonnés à 15 EGP pour l’itinéraire complet du tronçon concerné.
Cette tarification vise à rendre le service accessible tout en modulant l’effort selon la longueur du déplacement. Elle s’inscrit aussi dans une logique de report modal depuis la voiture vers le transport collectif.
Fréquence élevée et bus électriques climatisés
Le BRT repose sur des bus électriques climatisés, avec une cadence annoncée d’un passage toutes les trois minutes. Aux heures de pointe, l’intervalle peut descendre à 1,5 minute, un niveau de fréquence proche de certains standards ferroviaires.
L’exploitation sur des voies séparées est présentée comme un levier de ponctualité. En isolant les bus du trafic général, le dispositif vise à limiter l’effet des embouteillages sur le temps de parcours.
Voies dédiées et fabrication locale : un marqueur industriel
Le système fonctionne sur des couloirs dédiés, ce qui distingue le BRT d’un réseau de bus classique. Le ministre a aussi mis en avant l’utilisation de bus électriques fabriqués localement, élément important du récit industriel du projet.
Cette combinaison, couloirs segregés et matériel roulant électrique, est décrite comme une réponse à la fois opérationnelle et technologique, susceptible d’améliorer le service tout en modernisant l’image du transport public.
Connexions avec métro et LRT : la Ring Road comme colonne vertébrale
Le BRT est conçu pour relier les grands échangeurs de la Ring Road et faciliter les correspondances. Le dispositif doit s’intégrer avec les lignes 1 et 3 du métro, ainsi qu’avec le réseau de Light Rail Transit (LRT).
Cette articulation vise à transformer le périphérique en colonne vertébrale de la mobilité du Grand Caire, en permettant des trajets combinés. L’enjeu, selon les autorités, est d’étendre la portée du transport de masse.
Objectifs affichés : décongestion, temps gagnés, impact réduit
Le projet s’inscrit, d’après la présentation officielle, dans une stratégie plus large d’expansion du transport collectif. Les objectifs évoqués sont la réduction des embouteillages, la baisse des temps de trajet et une diminution des coûts pour les usagers.
Les autorités mettent aussi en avant la limitation de l’impact environnemental à l’échelle du Grand Caire, en particulier grâce à l’électrification des bus et à une meilleure fluidité. Reste que l’efficacité dépendra de la montée en charge des phases suivantes.
