Duel intense à Rabat
Sous le ciel encore frais de Rabat, la Tanzanie a disputé son huitième de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 face au Maroc, pays hôte et favori déclaré. Malmenés mais appliqués, les Taifa Stars se sont inclinés 1-0 et quittent la compétition.
Le but libérateur est venu à la 64e minute, signé Brahim Diaz, opportuniste dans la surface après un mouvement collectif soigné. Cette seule réalisation a suffi à sceller le destin d’une rencontre placée sous haute tension mais dominée territorialement par les Lions de l’Atlas.
Pourtant, la Tanzanie n’a jamais lâché prise. Les hommes de Miguel Angel Gamondi ont contenu les assauts marocains durant la première période, multipliant interceptions et couvertures défensives. Leur discipline tactique a maintenu le suspense, rappelant qu’en football, la volonté peut compenser un déficit technique présumé.
Gamondi, une satisfaction mesurée
En conférence de presse, le sélectionneur argentin a surpris l’assistance par sa sérénité. « Je suis satisfait du résultat », a-t-il soufflé, expliquant que ses joueurs avaient exécuté le plan établi. Tenir une mi-temps sans encaisser représentait, selon lui, un objectif réaliste face à l’armada marocaine redoutable.
Le technicien évoque une différence de statut claire. Là où le Maroc compte des cadres évoluant dans les meilleurs championnats européens, la Tanzanie n’aligne qu’un seul expatrié en Turquie. « Nous connaissons nos limites », a-t-il insisté, sans jamais se départir d’un certain optimisme quant à l’avenir.
Ce discours tempéré tranche avec l’amertume souvent observée au même stade d’une compétition majeure. Gamondi préfère retenir l’expérience engrangée et la cohésion renforcée d’un groupe encore jeune. Pour lui, la CAN constitue un laboratoire, invitant chaque nation émergente à jauger son niveau continental en temps.
Des limites assumées
La première période a illustré cette approche prudente. Compacte, la Tanzanie bloquait l’axe et orientait le ballon sur les côtés, réduisant l’espace de création autour d’Hakim Ziyech. Sur le banc, Gamondi félicitait chaque tacle réussi, conscient qu’un détail pouvait tout faire basculer à tout instant.
La faille est tout de même apparue après l’heure de jeu. Un centre venu de la droite, un ballon mal repoussé, puis Diaz a surgi. Le réalisme marocain a puni la moindre hésitation. La Tanzanie, à court d’arguments offensifs, n’a pu inverser la tendance ensuite.
Gamondi a reconnu la supériorité technique adverse sans occulter les progrès de ses protégés. En phase de construction, l’équipe peaufine une identité faite d’engagement et de transitions rapides. Ce socle exige du temps, mais les signaux observés au Prince Moulay laissent entrevoir un potentiel certain.
L’expérience marocaine décisive
Côté marocain, l’entraîneur s’est félicité de la maîtrise collective. Avec une possession dépassant les 60 %, les Lions de l’Atlas ont dicté le rythme. Diaz, Bounou, Aguerd ou Ziyech comptent tous plusieurs campagnes européennes, un savoir-faire précieux dans les moments de crispation pour franchir ce cap.
Les statistiques en témoignent : neuf tirs cadrés marocains contre deux tanzaniens, et un ratio de passes réussies nettement supérieur. L’algorithme des données confirme l’impression visuelle, mais ne raconte pas l’intégralité de l’histoire, notamment la combativité des Taifa Stars jusqu’au coup de sifflet final de hier.
Cette efficacité renvoie à une culture de la gagne entretenue depuis la demi-finale mondiale de 2022. Le public rabati, déjà conquis, a célébré la qualification avec retenue, conscient que le parcours est encore long. Les supporters tanzaniens, eux, ont salué leurs joueurs avec respect unanime.
Une sortie porteuse d’espoir
Pour la fédération tanzanienne, cette élimination n’est pas une fin, mais un repère. Le président de l’instance, présent en tribune, a rappelé l’importance de capitaliser sur l’élan populaire. « Nous rentrons avec la tête haute », a-t-il déclaré, promettant de poursuivre le travail de structuration et formation.
Les observateurs soulignent qu’un parcours honorable peut susciter un regain d’intérêt pour les championnats locaux, étape jugée essentielle pour hausser le niveau global. À Dar es Salaam, les clubs préparent déjà la prochaine saison avec la CAN en toile de fond, source de motivation supplémentaire.
Gamondi, sous contrat jusqu’en 2026, dispose désormais d’un calendrier clair. Les qualifications pour la Coupe du monde s’annoncent comme un nouveau défi. L’Argentin entend s’appuyer sur le bloc défensif vu à Rabat et densifier l’attaque, encore orpheline d’un finisseur de haut niveau à très court.
Du côté marocain, l’aventure continue avec une confiance renforcée. Les prochains adversaires sont déjà étudiés en vidéo. L’entraîneur national a insisté sur l’humilité, rappelant que les matches à élimination directe ne pardonnent pas. Le slogan du vestiaire reste : « aucun excès de confiance » pour la suite.
En quittant le Stade Prince Moulay, les deux sélections ont offert une image forte du football africain : une compétition où l’écart de palmarès ne dispense pas de se battre jusqu’au bout. Cette idée, profondément ancrée, nourrit la passion des supporters du continent jour après jour.
