Belém, carrefour climatique 2025
Du 10 au 22 novembre 2025, Belém, capitale amazonienne du Pará, a accueilli la trentième Conférence des parties sur le climat, offrant un cadre symbolique aux échanges sur la trajectoire planétaire.
La délégation congolaise, conduite par le président Denis Sassou Nguesso, a immédiatement retenu l’attention. Son plaidoyer pour les forêts tropicales a renforcé l’image d’un Congo moteur écologique au sein des négociations internationales.
Les couloirs du centre de conférence ont vu converger décideurs, scientifiques et associations venus évaluer les progrès accomplis depuis Berlin 1995 et mesurer le chemin restant pour contenir le réchauffement sous 1,5 °C.
Aux côtés du chef de l’État, l’écrivain-chercheur Michel Innocent Peya, invité en qualité d’expert, a attiré caméras et micros. Sa présence rappelait combien la diplomatie climatique se nourrit aussi de travaux scientifiques et culturels.
La diplomatie verte de Denis Sassou N’Guesso
Le 6 novembre, Denis Sassou Nguesso a plaidé à la tribune pour une gestion durable des forêts, rappelant que celles du bassin du Congo constituent le deuxième poumon vert mondial après l’Amazonie.
Il a mis en avant le Programme national d’afforestation, le Fonds bleu pour le bassin du Congo et la loi protégeant les peuples autochtones, autant de preuves d’un engagement déjà palpable.
Le chef de l’État a rappelé l’adoption par l’ONU, à initiative congolaise, de la décennie mondiale de l’afforestation et du boisement 2027-2036, étape majeure pour la diplomatie verte de Brazzaville.
Il a dénoncé l’injustice climatique : alors que les nations peu émettrices consentent de lourds efforts, les grands pollueurs tardent à tenir leurs engagements financiers.
Devant les plénipotentiaires, le président a réitéré l’objectif de mobiliser 1 300 milliards de dollars annuels d’ici 2035 pour atténuation, adaptation et compensation des pertes et dommages.
Michel Innocent Peya, plume et expertise
Parallèlement, Michel Innocent Peya a porté la voix scientifique congolaise. Dans chaque panel, il a conjugué rigueur académique et récit accessible afin de sensibiliser décideurs et opinion.
Certains participants, du Sénégal à la Colombie, ont déclaré avoir découvert la trajectoire congolaise par ses livres reçus lors de précédentes COP ; l’auteur en a profité pour nouer de nouveaux réseaux de coopération transcontinentale.
Son ouvrage « Bilan vert », retraçant les vingt-neuf COP précédentes, a circulé comme un manuel critique et mobilisateur, accueillant une demande soutenue lors des séances de dédicace.
Invité sur les thèmes de la finance carbone et de la résilience communautaire, l’auteur a souvent cité les réformes menées à Brazzaville pour illustrer des solutions déjà testées.
Pour de nombreux délégués d’Afrique centrale, rencontrer Peya symbolisait la montée d’une expertise régionale capable d’influencer le débat mondial tout en valorisant la vision écologique du Congo.
Avancées et défis de la COP30
Sur le plan institutionnel, le texte final de Belém consolide le Fonds pour pertes et dommages, avancée saluée par Brazzaville après son premier lancement à la COP28.
Belém vise en outre la mobilisation progressive de capitaux privés grâce à des mécanismes de garantie. Le Congo soutient cette approche, estimant qu’elle peut catalyser les investissements dans la restauration des paysages et l’économie verte locale.
La conférence entérine aussi un Fonds pour la préservation des forêts tropicales de 5,5 milliards $, dont 20 % destinés aux communautés autochtones, revendication soutenue par le Congo.
En revanche, Belém n’a pas fixé d’échéance pour la sortie des énergies fossiles, ni de trajectoire obligatoire de réduction des émissions, laissant ces sujets aux négociations futures.
Les délégations ont aussi convenu de renforcer les Contributions déterminées au niveau national dès 2027, étape intermédiaire qui permettra de mesurer le sérieux des engagements avant la révision globale prévue pour 2030.
Perspectives africaines après Belém
Face à ces lacunes, la délégation congolaise compte renforcer les alliances Sud-Sud afin de peser davantage dans les cycles de décision à venir.
Pour y parvenir, Brazzaville entend mutualiser expertises techniques, partage de données forestières et diplomatie parlementaire, considérant que l’union régionale reste la meilleure réponse aux enjeux de crédibilité.
À mesure que la conférence touchait à son terme, observateurs et analystes ont relevé la cohérence entre discours et actions du Congo, rappelant que le pays maintient sa couverture forestière à plus de 60 % du territoire national.
Clôturant la COP, Denis Sassou Nguesso a réaffirmé vouloir faire du Congo un « État solution », en associant ses initiatives à celles du Brésil et d’autres pays forestiers.
L’effort de solidarité Sud-Sud se traduira par la mise en œuvre du nouveau Fonds tropical, destiné à conjuguer conservation, valorisation économique raisonnée et insertion de la jeunesse.
Le gouvernement prévoit aussi d’intensifier la sensibilisation à la décennie mondiale du boisement, en s’appuyant sur les relais universitaires et culturels portés par les ouvrages de Peya.
Belém aura confirmé l’alignement entre diplomatie présidentielle et mobilisation citoyenne : un tandem congolais résolu à faire de la forêt un levier de développement et une contribution décisive à la stabilité climatique.
