Mobilisation citoyenne à Brazzaville
Réunis dans la capitale le 20 novembre, les ressortissants de la Cuvette-Ouest ont adressé un message clair au président Denis Sassou Nguesso : poursuivre sans relâche les projets déjà enclenchés dans leur département, qu’ils jugent stratégiques pour son intégration au reste du Congo-Brazzaville.
Cette prise de parole s’est tenue lors d’une rencontre citoyenne organisée en amont de la visite présidentielle prévue à Ewo, chef-lieu du département, les 24 et 25 novembre, visite au cours de laquelle plusieurs infrastructures essentielles seront officiellement mises en service.
Au fil des discours, l’accent a été mis sur l’importance d’inscrire la Cuvette-Ouest dans la dynamique nationale de diversification économique en cours, en misant sur ses ressources humaines, forestières et agricoles afin de générer de la valeur ajoutée au bénéfice de l’ensemble du pays.
Une visite présidentielle très attendue
Selon le programme annoncé, le chef de l’État inaugurera la route Ewo-Boundji, maillon jugé capital pour désenclaver la zone, faciliter la circulation des biens et réduire les coûts logistiques qui freinent encore l’activité des petits producteurs.
La mise en service concomitante d’un accès stable à l’électricité dans la ville d’Ewo doit, aux yeux des organisateurs, accélérer l’implantation d’ateliers de transformation et créer un climat favorable aux investissements privés, gage d’emplois pour la jeunesse locale.
Pour le député et vice-président de l’Assemblée nationale Léon Alfred Opimbat, ces réalisations illustrent « la vision d’un Congo en paix, uni et prospère » et montrent que la Cuvette-Ouest est prête à contribuer pleinement à la création de richesse nationale.
Route Ewo-Boundji, symbole de désenclavement
Longue d’une centaine de kilomètres, la chaussée reliera plus aisément les localités de la Cuvette-Ouest au reste du réseau national, offrant un gain de temps significatif pour les déplacements commerciaux et administratifs, et réduisant l’isolement souvent pointé par les habitants.
D’après les orateurs, l’axe routier favorisera également la circulation de produits vivriers vers Oyo et Brazzaville, limitant les pertes post-récolte et permettant aux agriculteurs de négocier des prix plus compétitifs sur les marchés urbains.
Le projet s’inscrit dans la continuité des chantiers lancés depuis le 14 août 2009, date à laquelle Denis Sassou Nguesso avait choisi Ewo pour célébrer la fête nationale, marquant alors sa volonté de moderniser l’intérieur du pays.
Électricité, un levier pour l’économie locale
L’arrivée du courant électrique doit transformer le quotidien des ménages, mais aussi sécuriser les structures publiques comme l’hôpital et les établissements scolaires, dont le fonctionnement restait tributaire des groupes électrogènes coûteux.
Les entrepreneurs locaux voient dans cette énergie régulière l’opportunité d’investir dans la réfrigération, la fabrication de matériaux ou les services numériques, autant d’activités jusque-là freinées par l’incertitude énergétique.
« L’électricité est à la base de toute industrialisation. Notre génération a besoin de cet outil pour rester dans le pays et créer de la valeur », a résumé une jeune cheffe d’entreprise présente dans la salle.
Solidarité financière autour du projet
Au-delà de l’enthousiasme, la rencontre de Brazzaville s’est matérialisée par une collecte de fonds destinée à marquer la gratitude des ressortissants envers le couple présidentiel et à soutenir l’organisation de la visite.
En espèces ou par chèques, les contributions ont rapidement dépassé les douze millions de francs CFA, signe, selon les organisateurs, d’un attachement profond à l’aboutissement des projets et d’une confiance renouvelée dans la politique publique de proximité.
Léon Alfred Opimbat a rappelé que des cadeaux symboliques seront remis au président au cours de la cérémonie d’Ewo, « témoignage d’un partenariat basé sur la reconnaissance et la responsabilité partagée ».
Engagement durable des ressortissants
Les fils et filles de la Cuvette-Ouest ont également réaffirmé leur volonté d’accompagner le gouvernement dans toutes les initiatives visant à améliorer la santé, l’éducation et l’emploi, domaines qu’ils considèrent comme prioritaires pour renforcer le capital humain.
À moyen terme, le collectif souhaite s’impliquer dans le suivi citoyen des chantiers, afin de s’assurer que les infrastructures livrées soient entretenues et servent effectivement les populations, objectif qui suppose un dialogue constant entre élus, administration et société civile.
La visite présidentielle des 24 et 25 novembre, concluent les participants, viendra donc consacrer une étape supplémentaire dans la modernisation de la Cuvette-Ouest et dans le rapprochement entre l’État et les territoires, perspective saluée comme un signal positif pour tout le Congo-Brazzaville.
Mémoire d’un chantier lancé en 2009
Les intervenants ont rappelé que la décision présidentielle de transformer Ewo en site des festivités nationales, en août 2009, avait suscité une accélération des investissements publics, avec la création de nouvelles voiries urbaines, la réfection des bâtiments administratifs et la modernisation du réseau de télécommunications.
Treize ans plus tard, ces efforts demeurent visibles, affirment plusieurs notables, qui estiment toutefois qu’achever le réseau routier et stabiliser l’accès à l’énergie constituent des préalables indispensables pour attirer des industries légères capables de transformer sur place le bois et les produits agricoles.
Perspectives pour la jeunesse
Les étudiants originaires de la Cuvette-Ouest, présents à la rencontre, ont souligné l’importance de voir les nouvelles infrastructures s’accompagner de programmes de formation adaptés, afin que les compétences locales puissent répondre aux besoins des futurs investisseurs et limiter l’exode vers les grandes villes.
