Pointe-Noire : une rentrée administrative stratégique
Le 15 janvier à Pointe-Noire, des agents et cadres de l’administration locale du département ont participé à une rentrée administrative axée sur les principes fondamentaux de la territorialité. La séance, organisée par l’autorité préfectorale, visait un renforcement des capacités managériales, selon l’Agence congolaise d’information (ACI).
À travers cette rencontre, les autorités entendaient donner un cadre commun de lecture aux responsabilités de chacun. Dans les couloirs des administrations locales, le terme de « territorialité » renvoie autant à la lettre des textes qu’à la manière d’articuler les niveaux d’action publique sur le terrain.
La démarche s’inscrit dans une logique de mise à niveau des pratiques, dans un département où les services de l’État, les collectivités locales et les responsables opérationnels doivent travailler avec des repères identiques. L’objectif affiché : améliorer la coordination et l’efficacité de l’action administrative.
Territorialité : recadrer des dysfonctionnements constatés
Le préfet Pierre Cébert Ibocko-Onangha a présenté ces assises comme une réponse à des dysfonctionnements relevés depuis sa prise de fonctions. Il a notamment évoqué une non-maîtrise des articulations entre concentration et décentralisation, ainsi qu’une insuffisante prise de conscience de l’apport de ces deux leviers.
Sans dramatiser, ce constat met en lumière une difficulté classique des administrations territoriales : faire coexister, sans confusion, les compétences des services déconcentrés de l’État et celles des collectivités. Dans un contexte d’attentes fortes des populations, la clarification des rôles devient un sujet de gestion quotidienne.
En filigrane, la rencontre a cherché à instaurer un langage commun et à réduire les zones grises. Le préfet a voulu, selon les termes rapportés, replacer chaque acteur dans un cadre juridique et opérationnel partagé, afin d’éviter les interprétations divergentes des textes.
Déconcentration et décentralisation : les trois thèmes au cœur
Les échanges ont réuni autorités locales, directeurs départementaux et interdépartementaux, ainsi que chefs de services. Trois thèmes ont structuré les travaux : l’articulation entre administration déconcentrée et décentralisée, l’apport des services déconcentrés de l’État au développement local, et les pouvoirs du préfet sur certains actes administratifs.
Ces sujets, très techniques en apparence, pèsent sur la manière dont une décision administrative circule et s’applique. Ils touchent à la vitesse de traitement des dossiers, à la qualité du contrôle de légalité et, plus largement, à la capacité d’un territoire à planifier et à exécuter des actions cohérentes.
Selon l’ACI, les thèmes ont été développés par des experts de l’administration du territoire, dont le préfet, inspecteur général de l’administration du territoire, Jacques Essissongo. L’approche a privilégié des repères pratiques, en se référant aux textes régissant la matière.
Le rôle du préfet et les actes administratifs en débat
La question des pouvoirs du préfet à l’égard des actes administratifs des autorités locales et des chefs de services déconcentrés a occupé une place notable. L’enjeu, dans ce type de séance, est de rappeler les mécanismes de contrôle, d’accompagnement et de coordination qui relèvent de l’autorité préfectorale.
Ce rappel vise aussi à sécuriser l’action des collectivités et des services. Lorsque les règles sont comprises et partagées, les décisions gagnent en solidité, les délais se réduisent et les responsabilités se clarifient. Les participants ont été invités à relire les procédures à l’aune des textes en vigueur.
Dans son mot de clôture, Pierre Cébert Ibocko-Onangha a insisté sur le fait que « dans la territorialité, tout est régi par des textes », faisant allusion à la loi 2003-20 du 6 février 2003. Une manière de rappeler que la pratique doit rester adossée au droit.
Une initiative saluée par la mairie de Pointe-Noire
Intervenant à cette occasion, le premier vice-maire de Pointe-Noire, Louis Gabriel Missatou, a félicité le préfet pour l’initiative. Il a souligné, d’après l’ACI, le caractère inédit de cette démarche dans le département, sur la période correspondant à ses deux mandats à ce poste.
Ce soutien traduit une attente d’alignement entre les administrations. Dans une grande ville, les collectivités ont besoin d’interlocuteurs étatiques stabilisés et lisibles, tandis que les services déconcentrés recherchent des partenaires locaux capables de porter les projets dans un cadre rigoureux.
La séance a également servi de moment de dialogue institutionnel. Au-delà de la formation, la rentrée administrative permet de mettre autour de la même table des décideurs qui, souvent, se croisent au fil des dossiers sans toujours partager un diagnostic commun des difficultés.
À Pointe-Noire, “mettre des leviers” pour mieux travailler
Pierre Cébert Ibocko-Onangha a expliqué que la rentrée administrative s’était appuyée sur un diagnostic, et qu’il paraissait nécessaire d’apporter « dans notre maison Pointe-Noire les leviers nécessaires pour se mettre au travail ». Il a insisté sur l’ambition d’éviter un fonctionnement où chacun agirait à sa manière.
La formule, ferme dans le ton, vise une standardisation des pratiques et une discipline administrative compatible avec les exigences de service public. Dans un département stratégique pour l’économie nationale, la qualité de la chaîne administrative peut influencer la conduite des projets et la confiance des usagers.
Le préfet a, en outre, promis une seconde rencontre, annoncée comme destinée à traiter « avec délicatesse » les problèmes de dysfonctionnement identifiés. L’idée avancée : continuer le travail de clarification, sans brutalité, mais avec constance et méthode.
Journées administratives : la suite annoncée
Cette rentrée administrative précède la tenue de journées administratives prévues prochainement, selon l’ACI. Pour les participants, l’enchaînement des deux rendez-vous peut permettre de passer d’un rappel des fondamentaux à des échanges plus opérationnels sur les procédures et les priorités.
À Pointe-Noire, l’exercice apparaît comme un jalon d’organisation interne. À travers la formation, la discussion et le rappel des textes, l’administration territoriale cherche à consolider son efficacité, à mieux répartir les responsabilités et à soutenir, de manière structurée, l’action publique locale.
Dans un contexte où la décentralisation appelle une coordination fine entre niveaux de décision, le message central demeure la cohérence. La territorialité, telle qu’enseignée lors de ces assises, se présente comme une grammaire commune : celle qui permet aux institutions d’agir ensemble, dans le même sens.
