Vers un grand forum entrepreneurial
Le stade Alphonse Massamba-Débat vibrera, en janvier 2026, au rythme d’une ambitieuse rencontre nationale consacrée à l’entrepreneuriat et à l’employabilité. Portée par la Société pour le Développement et le Travail, l’initiative entend donner à la jeunesse congolaise des clés concrètes pour transformer des idées en entreprises durables.
Placée sous le signe de l’action et de l’impact, la manifestation s’articulera autour d’un triptyque jugé décisif par ses promoteurs : formation, financement et suivi. Chaque participant est invité à venir avec un concept et à repartir muni d’outils pratiques, d’un réseau et d’une feuille de route.
La SDT revendique une devise simple : « Former aujourd’hui, financer demain et réussir ensemble ». À ses yeux, la mobilisation citoyenne complète l’action des pouvoirs publics, déjà engagés dans des programmes de soutien à la création d’emplois. L’association se veut catalyseur plutôt que substitut des politiques économiques nationales.
Cap sur janvier 2026
Le choix du stade Alphonse Massamba-Débat n’est pas anodin. Symbole de rassemblement populaire, l’enceinte sportive peut accueillir plusieurs dizaines de milliers de jeunes, venus des douze départements de la République du Congo. Les organisateurs espèrent ainsi mettre en scène l’énergie collective autant que les ambitions individuelles.
Pour garantir l’inclusivité, la SDT annonce la prise en charge partielle des frais de déplacement pour les délégations régionales, ainsi que l’installation d’espaces de traduction en langues nationales. Des ateliers spécifiques cibleront également les jeunes femmes et les personnes en situation de handicap, souvent sous-représentées dans l’écosystème.
Les candidats devront, avant l’évènement, soumettre un bref descriptif de leur idée via une plateforme numérique. Cette étape permettra de répartir les porteurs de projet par filière : agriculture intelligente, services numériques, économie circulaire ou industries créatives. Les mentors disposeront ainsi d’éléments tangibles pour personnaliser leur accompagnement.
Trois piliers pour durer
Le premier pilier, la formation, s’articule autour de modules courts sur le management, la comptabilité simplifiée, la négociation commerciale et la gestion de risques. Les intervenants proviendront d’universités congolaises, de centres de recherche appliquée et d’entreprises privées engagées dans la transmission de compétences pratiques actualisées.
Deuxième socle, le financement, sera matérialisé par un « village capital » où banques, fonds d’investissement et plateformes de micro-crédit présenteront leurs produits. La SDT négocie actuellement des taux préférentiels et la mise en place de garanties partielles pour faciliter l’accès au crédit des jeunes entrepreneurs congolais ambitieux.
Enfin, le suivi post-évènement constituera le troisième pilier. Chaque porteur de projet sera adossé durant douze mois à un coach issu du secteur concerné. Des évaluations trimestrielles mesureront l’avancement et déclencheront, le cas échéant, un appui technique supplémentaire ou l’intégration à des incubateurs partenaires plus larges.
Des enjeux au-delà du stade
Au-delà de la logistique, le rendez-vous interroge la dynamique du marché du travail congolais. Selon les dernières données de l’Institut national de la statistique, plus d’un jeune sur trois est en situation de sous-emploi. L’entrepreneuriat apparaît donc comme un relais crédible aux recrutements traditionnels publics.
Interrogé à Brazzaville, le sociologue Jean-Blaise Nkodia souligne que « l’enjeu n’est pas seulement de créer des sociétés, mais de consolider un tissu économique capable d’exporter ». À ses yeux, la connexion entre initiatives locales et zones industrielles en développement est déterminante pour générer de la valeur durable.
Les partenaires techniques et financiers, dont les agences onusiennes et plusieurs groupes pétroliers installés dans le pays, observent avec intérêt l’initiative. Certains envisagent déjà de nouer des accords d’approvisionnement ou de sous-traitance avec les futures start-up, pour renforcer les chaînes de valeur existantes dans le territoire.
La SDT assure qu’elle publiera, six mois après l’évènement, un rapport d’étape détaillant le nombre d’entreprises créées, les fonds levés et les emplois générés. Cette démarche de reddition de comptes vise à installer une culture de résultats, chère aux investisseurs autant qu’aux autorités publiques nationales.
Vers un agenda commun
Du côté du gouvernement, le ministère des Petites et Moyennes Entreprises envisage déjà d’inscrire la rencontre au calendrier officiel de 2026. Des synergies sont attendues avec le futur fonds souverain dédié à la diversification économique, dont le lancement est prévu la même année par les autorités.
Plusieurs députés ont salué l’approche multipartite lors d’une récente séance à l’Assemblée nationale. Selon eux, associer associations, secteur privé et institutions académiques répond à l’esprit du Plan national de développement, qui insiste sur l’entrepreneuriat des jeunes comme vecteur de compétitivité et d’inclusion sociale au Congo-Brazzaville actuelle.
Pour les jeunes porteurs de projet, l’enjeu dépasse le simple accès au financement. L’attente porte aussi sur l’allègement des formalités administratives, la réduction du coût de l’énergie et l’amélioration des infrastructures numériques, points régulièrement soulevés lors des consultations menées par la SDT dans les départements.
En filigrane, l’évènement de janvier 2026 pourrait servir de laboratoire à une politique plus large de soutien à l’initiative privée. Si la promesse « Un Congolais, un projet, un emploi » parvient à se concrétiser, le pari d’une croissance inclusive trouverait alors un appui populaire durable et pérenne.
