Brazzaville: la charte d’engagements entre en phase opérationnelle
Le 6 janvier à Brazzaville, la ministre de l’Enseignement supérieur, Edith Delphine Emmanuel, a annoncé une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la charte des engagements sur l’employabilité et l’entrepreneuriat des étudiants en République du Congo.
Selon la ministre, cette retrouvaille intervient six mois après la réunion des parties prenantes. L’objectif affiché est de matérialiser les engagements pris lors des assises consacrées à l’employabilité et à l’entrepreneuriat étudiant, tenues du 30 juin au 1er juillet 2025.
Dans l’esprit des organisateurs, il ne s’agit pas seulement de rappeler des orientations, mais de structurer le passage à des actions identifiables. La démarche repose sur un principe de continuité: réunir, coordonner, puis mesurer les avancées au fil du temps.
Assises 2025: un socle commun sur l’employabilité des étudiants
La réunion nationale s’inscrit explicitement dans le prolongement des assises 2025, présentées comme un moment de concertation entre acteurs publics et privés. Ces travaux avaient cherché à rapprocher l’enseignement supérieur des réalités du marché de l’emploi.
« C’est depuis le mois de juin que nous avons eu l’opportunité tous ensemble… de réunir ce que j’appelle l’écosystème de l’enseignement supérieur », a rappelé Edith Delphine Emmanuel, en évoquant des parties prenantes « publiques, privées, nationales et étrangères ».
Par cette formule, la ministre met l’accent sur une approche élargie. L’idée est de considérer l’université non comme un bloc isolé, mais comme un espace connecté à des institutions, des entreprises et des partenaires capables d’accompagner des trajectoires professionnelles.
Comité national de suivi: suivi, évaluation et coordination
Le suivi et l’évaluation des engagements doivent se faire dans le cadre d’un comité national dédié. Pour le ministère, cet outil vise à garantir une continuité de l’action publique, au-delà des annonces, et à garder une vision d’ensemble des initiatives engagées.
La ministre a également insisté sur la nécessité de maintenir une mobilisation régulière des partenaires. Dans ce schéma, la coordination devient centrale: elle doit permettre d’éviter la dispersion, d’identifier les priorités et d’assurer une cohérence entre les actions menées.
Sans entrer dans le détail des mécanismes, la réunion du 6 janvier est décrite comme un jalon: elle entérine l’architecture de gouvernance du chantier et donne un cadre aux prochains rendez-vous, annoncés comme des moments de suivi plus réguliers.
La voix des étudiants: une participation revendiquée
Du côté des étudiants, la réunion est interprétée comme un signal politique et institutionnel. Ramchy ILOYE ESSIMA, représentant des étudiants congolais, a salué une volonté « manifeste » de traduire les conclusions des assises en décisions concrètes.
« Cette démarche témoigne un engagement fort en faveur d’un enseignement plus performant, mieux connecté aux réalités du marché de l’emploi et résolument tournée vers l’avenir », a-t-il déclaré, en soulignant l’importance d’associer les étudiants comme partie prenante.
Au-delà des mots, cette association revendiquée renvoie à une attente de résultats: une meilleure insertion professionnelle, mais aussi des passerelles plus lisibles vers l’initiative privée. Pour les représentants étudiants, la charte doit se lire comme un engagement de méthode autant que de fond.
Université Marien-Ngouabi: la feuille de route 2025-2026 au cœur
Le professeur Parisse AKOUANGO, président de l’Université Marien-Ngouabi, a situé la rencontre dans une dynamique d’exécution. Pour lui, elle marque « un tournant central » en consacrant le lancement opérationnel de la feuille de route 2025-2026.
Selon le président de l’Université Marien-Ngouabi, le comité mis en place jouera un rôle essentiel dans le « suivi rigoureux » et la coordination des actions. L’objectif reste, a-t-il souligné, d’améliorer durablement l’insertion professionnelle des étudiants.
Cette prise de parole institutionnelle place l’université au premier plan. Elle suggère aussi une attente de méthode: définir des responsabilités, suivre des échéances et s’assurer que les décisions prises se traduisent en actions visibles pour les étudiants.
24 parties prenantes, 4 axes stratégiques, 35 actions proposées
La feuille de route dédiée à la mise en œuvre de la charte a réuni 24 parties prenantes. Le dispositif est structuré autour de quatre axes stratégiques, et 35 actions ont été proposées pour rendre le projet effectif, selon les informations communiquées lors de la rencontre.
Même si la réunion n’a pas détaillé publiquement chacune de ces actions, la logique affichée renvoie à un pilotage par objectifs. Les acteurs impliqués devront s’accorder sur les priorités, les calendriers et les indicateurs de suivi.
À travers cette architecture, le ministère cherche à ancrer l’employabilité et l’entrepreneuriat dans une planification lisible. La promesse implicite est celle d’un continuum entre formation, compétences et insertion, porté par un partenariat élargi.
Une dynamique attendue sur l’employabilité et l’entrepreneuriat
En filigrane, la charte répond à une question devenue centrale pour l’enseignement supérieur: comment transformer les parcours académiques en opportunités professionnelles concrètes, sans réduire l’université à une simple antichambre de l’emploi.
La démarche mise en avant à Brazzaville privilégie la coordination et la redevabilité. En s’appuyant sur un comité de suivi et une feuille de route, le ministère entend donner un cadre stable à l’action, tout en laissant une place aux partenaires et aux étudiants.
À ce stade, l’enjeu est de maintenir la mobilisation dans la durée. La réunion du 6 janvier fixe un cap: faire des assises 2025 un point de départ, et non un événement isolé, au service de la jeunesse congolaise.
