Un rendez-vous juvénile devenu institution
À Brazzaville, le Forum Horizon Initiative et Créativité s’est imposé, en moins de deux ans, comme un laboratoire d’idées et un accélérateur de projets pour la jeunesse congolaise. L’édition 2026 entend consolider cet héritage en plaçant l’action entrepreneuriale au premier plan.
Sous l’impulsion d’Aline France Etokabeka, initiatrice et coordinatrice, le FHIC a déjà parcouru cinq départements, mobilisant institutions, entreprises et acteurs locaux autour d’un même credo : transformer l’énergie créative des jeunes en valeur économique durable.
L’annonce de la tournée 2026, qui reprendra la route vers les onze départements restants, s’inscrit dans la stratégie nationale définie par le président Denis Sassou Nguesso pour faire de l’entrepreneuriat un levier prioritaire de diversification des revenus.
Une dynamique ancrée dans les territoires
Depuis sa première apparition sous la forme du Mbongui des jeunes, le forum privilégie la proximité. Des salles communales de Impfondo aux espaces culturels de Pointe-Noire, chaque étape devient un lieu d’échange direct entre porteurs d’idées et décideurs.
Les équipes du FHIC identifient, avant chaque escale, les filières offrant le plus fort potentiel : cacao dans la Sangha, bois dans la Likouala, services numériques à Dolisie. Les ateliers sont ensuite adaptés afin de concrétiser, sur place, des modèles économiques réalistes.
Selon les données communiquées par l’organisation, plus de 1 200 jeunes ont déjà été formés aux notions de business plan, marketing digital et gestion comptable élémentaire. Cent vingt microentreprises seraient nées directement à l’issue des précédentes éditions, dont soixante dirigées par des femmes.
L’entrepreneuriat, pilier de la stratégie 2026
Pour 2026, le FHIC mise sur un format hybride faisant dialoguer conférences magistrales et mentorat individualisé. Objectif : passer d’une logique de sensibilisation à une phase d’accélération, avec l’appui des chambres consulaires et du Fonds d’appui à l’employabilité et à l’apprentissage.
« La jeunesse congolaise ne manque ni d’idées ni d’audace ; elle a surtout besoin d’un réseau et d’outils », déclare Aline France Etokabeka lors d’un récent point presse. Elle promet un suivi post-forum, assorti de sessions virtuelles trimestrielles pour consolider les acquis.
Les partenaires institutionnels, notamment le ministère des Petites et moyennes entreprises, entendent aligner leurs dispositifs d’aide sur le calendrier du forum. Une enveloppe dédiée aux porteurs de projets issus des zones traversées pourrait être activée via le guichet national de la Banque postale.
Leadership féminin et inclusion sociale
Figure de l’audiovisuel, Aline France Etokabeka revendique un positionnement assumé : montrer que l’ascension économique peut épouser les ambitions des femmes. Le FHIC réserve ainsi quarante pour cent de ses places en formation aux porteuses d’initiatives afin de rééquilibrer le paysage entrepreneurial.
L’initiative s’adresse également aux jeunes sans emploi des faubourgs urbains et aux néo-bacheliers en quête de repères. Des partenariats avec les Maisons de l’emploi permettront d’orienter les publics les plus éloignés du marché vers des ateliers adaptés à leur niveau.
Par ailleurs, le forum promet de nouer un dialogue constant avec les associations locales de personnes vivant avec un handicap, afin que l’accessibilité physique et pédagogique soit garantie sur chaque site. Une signalétique inclusive sera déployée et des interprètes en langue des signes mobilisés.
Une approche alignée sur la feuille de route gouvernementale
L’agenda 2026 du FHIC résonne avec le Plan national de développement, dont l’un des axes vise à porter la part des PME à 60 % du PIB hors pétrole. En soutenant la création d’entreprises, le forum renforce la stratégie de résilience économique initiée depuis 2021.
Les autorités locales y voient un outil concret pour freiner l’exode des talents vers les grandes métropoles ou l’étranger. « Donner à un jeune les moyens d’entreprendre là où il est, c’est retenir la valeur ajoutée sur le territoire », argue un élu de la Cuvette.
Le ministère des Finances étudie la possibilité de bonifier les taux d’intérêt accordés aux lauréats du FHIC, tandis que l’Agence de régulation des postes et communications électroniques envisage de faciliter l’accès aux data centers pour les start-up numériques issues du programme.
Cap sur l’innovation et la créativité durables
Pour conforter sa dimension prospective, le forum introduira en 2026 un concours d’eco-design axé sur la transformation des matériaux locaux, bambou et fibres végétales en tête. Les trois meilleurs prototypes recevront un appui à la certification afin de cibler les marchés d’exportation régionaux.
Une plate-forme numérique unique réunira les ressources pédagogiques, les enregistrements des conférences et un guichet de financement participatif. Cette vitrine devrait renforcer la visibilité des projets tout en attirant des investisseurs de la diaspora, sensibles à la maturité grandissante de l’écosystème local.
En inscrivant sa prochaine édition sous le double signe de la continuité et de l’innovation, le FHIC confirme l’ambition d’accompagner la jeunesse congolaise vers un avenir fait d’initiative privée responsable. Le rendez-vous de 2026 apparaît déjà comme une étape majeure de cette trajectoire collective.
Mesure d’impact et indicateurs clés
Un tableau de bord public sera publié chaque semestre, détaillant emplois créés, chiffre d’affaires des start-up accompagnées et part des projets verts, pour garantir transparence et attractivité vis-à-vis des financeurs.
Ces données seront croisées avec les statistiques régionales de l’Agence nationale de l’emploi afin de mesurer l’impact sur le taux de chômage des moins de trente ans. L’exercice doit permettre d’ajuster, au besoin, les dispositifs existants d’incubation ou de financement.
