Brazzaville : 308 promotions à la Présidence
Le 10 janvier à Brazzaville, 308 personnels promus au sein des structures opérationnelles de la Présidence de la République ont porté leurs insignes de grade au titre du premier trimestre 2026. Les promotions concernent notamment la Direction générale de la sécurité présidentielle (Dgsp) et la Garde républicaine (GR).
La cérémonie s’est tenue sous les auspices du conseiller spécial du Président de la République, également directeur général de la Dgsp, le général de brigade Serge Oboa. Plusieurs autorités militaires, ainsi que les familles des récipiendaires, ont assisté à ce moment solennel, à la fois protocolaire et fédérateur.
Les grades concernés : officiers et sous-officiers
Parmi les promus, 29 officiers supérieurs ont été distingués. Selon les chiffres communiqués, il s’agit de sept colonels, treize lieutenant-colonels et neuf commandants. La séquence a donné à voir une diversité de parcours, au sein des unités en charge de missions sensibles.
L’avancement a également concerné 60 officiers subalternes, dont 25 capitaines et 35 lieutenants. À leurs côtés, 219 sous-officiers ont été promus : deux adjudants-majors, 97 adjudants-chefs, 76 adjudants et 44 sergents-chefs, composant l’essentiel des effectifs concernés.
Un cérémonial chargé de symboles, selon Serge Oboa
Dans son mot de circonstance, le général Serge Oboa a expliqué que la cérémonie était « remplie de symboles ». Il a notamment souligné qu’il s’agissait de la dernière promotion de grades qu’il patronnait sur le mandat présidentiel qui, a-t-il rappelé, « se termine en mars prochain ».
Le directeur général de la Dgsp a également insisté sur un second marqueur : cette remise d’insignes est présentée comme la première avant « l’échéance majeure » de mars. Sans surenchère, son propos a replacé l’événement dans le calendrier institutionnel, tout en rappelant le rôle attendu de la Force publique.
Élections : priorité à la paix et à la transparence
Serge Oboa a rappelé une instruction attribuée au Président de la République, chef suprême des armées, lors de l’adresse au réveillon d’armes de 2025 : « Les élections devront se dérouler dans la paix, la quiétude et la transparence ». Il a demandé aux promus d’en « intérioriser » la portée.
Dans le même esprit, il a estimé que la Force publique a « le devoir et l’obligation » d’accompagner les institutions de la République à l’approche de l’échéance. Le message, formulé comme un rappel de discipline et de responsabilité, visait à encadrer les comportements professionnels dans une période jugée sensible.
Ordre public : urnes, cadre de recours et vigilance
Le général Oboa a exhorté la population à ne pas troubler l’ordre public. Il a toutefois évoqué l’existence d’un cadre prévu par la République pour ceux qui s’estimeraient lésés. « Un match se joue au stade, pas dans la rue. Le stade ici représente les urnes », a-t-il déclaré.
Par cette formule, il a cherché à opposer les voies institutionnelles aux tensions de rue. Le propos s’inscrit dans une ligne de fermeté, tout en mentionnant des canaux de revendication. Les autorités présentes n’ont pas détaillé ces mécanismes, mais l’intention affichée est celle d’un débat encadré.
Sécurité urbaine : une opération annoncée sur quatre mois
Sur le terrain sécuritaire, le directeur général de la Dgsp a annoncé qu’« dans 11 jours » ses services lanceront une opération de quatre mois destinée à traquer des criminels et des bandits actifs dans des quartiers. Il a soutenu percevoir déjà un mieux, décrivant des familles qui « essayent de vaquer librement à leurs occupations ».
« C’est ce que la République veut, mais on n’a pas fini. Nous irons jusqu’au dernier retranchement du dernier bandit », a-t-il martelé. L’objectif affiché, au-delà de l’annonce, est de réaffirmer une continuité d’action, avec une promesse de résultats et une présence renforcée.
Opération « Zéro Kuluna » : renseignements et moyens
Évoquant l’opération « Zéro Kuluna », présentée comme un dispositif de traque des bandits, Serge Oboa a précisé qu’elle s’exécute « sur la base des renseignements ». « Nous ne prenons pas n’importe qui. Nous avons les renseignements, les moyens humains et matériels pour traquer les bandits », a-t-il affirmé.
Cette insistance sur le renseignement vise à justifier la méthode et à afficher une logique de ciblage. Aucun élément chiffré n’a été donné sur les effectifs mobilisés ni sur les quartiers concernés. Le discours met néanmoins en avant une organisation structurée et une capacité opérationnelle.
Parents, rassemblements et loi : la ligne de fermeté
Le général Oboa a également adressé un message aux parents souhaitant porter des revendications. Il a demandé que celles-ci se fassent « dans leurs parcelles et non dans les rues ». Selon lui, ceux qui manifesteraient dans la rue pourraient être considérés comme « complices » d’enfants impliqués dans des actes criminels.
Il a ajouté que les personnes interpelées « subiront la force de la loi sans état d’âme, quel que soit votre rang et votre qualité », appelant à « garder vos enfants dans les maisons ». Sur les meetings, il a jugé qu’ils relèvent d’un droit exercé dans les parcelles, mais « sans nuisance sonore », sinon des arrestations interviendraient.
