Gaz butane au Congo-Brazzaville: reprise en main
La récente hausse du prix du gaz butane a provoqué une inquiétude rapidement perceptible dans les foyers. Les autorités de la République du Congo ont choisi d’intervenir pour rétablir un cadre clair sur un marché sensible et préserver, autant que possible, le pouvoir d’achat des ménages.
Dans ce dossier, le message officiel est double. D’un côté, rappeler que la fixation des prix n’est pas laissée à l’appréciation des opérateurs. De l’autre, sécuriser l’approvisionnement pour éviter que des tensions commerciales ne se traduisent par des perturbations pour les consommateurs.
Réunion avec les distributeurs: règles et responsabilités
Une réunion de travail a réuni les sociétés de distribution et de commercialisation du gaz butane autour de l’administration. Elle a été présidée par Richard Ngola, directeur général de l’aval pétrolier, avec l’objectif de clarifier les circonstances ayant entouré l’augmentation des prix.
Selon les termes rapportés lors des échanges, la rencontre visait aussi à rappeler les règles qui encadrent ce secteur. Les autorités ont insisté sur la nécessité, pour chaque acteur, de s’aligner sur les textes en vigueur, notamment en matière de prix et de contractualisation.
La note de FAAKI Congo au cœur des critiques
Au centre des discussions, une note de service émise par la société FAAKI Congo, présentée comme l’élément déclencheur de la flambée des prix. Richard Ngola a estimé que ce document relevait d’une « violation flagrante » des dispositions réglementaires applicables au gaz butane.
Le ton employé traduit la volonté de trancher rapidement, sans laisser s’installer des pratiques susceptibles de déstabiliser le marché. Pour l’administration, l’enjeu est d’éviter que des initiatives unilatérales ne créent un précédent et n’encouragent d’autres relèvements non concertés.
Contrats: non-conformités relevées et harmonisation annoncée
Les autorités ont également évoqué des non-conformités dans le contrat liant FAAKI Congo à la société Wing Wah. Sans détailler publiquement la nature exacte des manquements, l’administration a indiqué que ces points de divergence justifiaient une action correctrice.
Dans ce contexte, le ministre des Hydrocarbures a mis en place une équipe d’experts chargée d’harmoniser les contrats entre les différents acteurs du secteur. L’objectif affiché est de réduire les zones grises, d’uniformiser les pratiques et de sécuriser les relations commerciales.
Mesures immédiates: annuler la hausse et encadrer la reprise
À l’issue de la réunion, des décisions ont été actées. FAAKI Congo a été sommée de publier, dans les plus brefs délais, une note officielle annulant celle qui portait l’augmentation du prix du gaz butane.
Une concertation interministérielle devra ensuite se prononcer sur la réouverture des points de vente de la société, fermés à titre conservatoire. En parallèle, une notification officielle doit constater la violation de la réglementation, conformément aux constats posés par l’administration.
Approvisionnement: discussions pour un nouveau mécanisme
Les discussions ne se limitent pas au volet disciplinaire. Les autorités ont indiqué qu’un travail serait engagé avec l’ensemble des distributeurs pour mettre en place un nouveau mécanisme d’approvisionnement, notamment avec Wing Wah.
Pour les acteurs du secteur, l’enjeu est de concilier stabilité des prix, continuité des livraisons et règles contractuelles lisibles. Côté administration, il s’agit de construire un dispositif qui limite les ruptures et rende plus prévisible l’organisation de la distribution.
Sources de gaz: Nkossa II, Banda Kayo, raffinage et importations
Les autorités ont réaffirmé leur volonté de renforcer les principales sources d’approvisionnement du marché national. À ce jour, l’approvisionnement du pays repose sur le terminal de Nkossa II exploité par Trident Energy Congo, le site de Banda Kayo opéré par Wing Wah, la Congolaise de raffinage, ainsi que des importations.
Ce rappel est aussi une manière de situer le fonctionnement concret de la chaîne logistique: production, traitement, stockage et mise à disposition des distributeurs. Pour les ménages, ces détails techniques se traduisent surtout par une attente simple: trouver du gaz, au prix réglementé.
Prix réglementés: 200 FCFA/kg à la distribution
Richard Ngola a souligné que les prix du gaz butane sont strictement encadrés par un arrêté ministériel. Le prix est fixé à 200 FCFA le kilogramme au niveau de la distribution et à 512 FCFA pour le consommateur final.
En rappelant ces montants, l’administration réaffirme une doctrine de régulation: le gaz butane, produit de première nécessité pour de nombreux foyers, ne peut être soumis à des variations brusques décidées hors des procédures prévues. Le cadre tarifaire sert de repère à tous.
Pouvoir d’achat et confiance: un signal au marché
L’intervention publique vise aussi à calmer une inquiétude sociale. Dans un contexte où le gaz butane pèse sur le budget domestique, une hausse soudaine peut rapidement alimenter des tensions et des comportements de stockage, aggravant la perception de pénurie.
En demandant l’annulation de la hausse et en ouvrant une séquence de concertation, les autorités cherchent à réinstaller la confiance. Le chantier annoncé sur l’harmonisation des contrats, lui, s’inscrit dans une logique de stabilisation durable, sans bouleverser l’équilibre du secteur.
