Crise sociale à l’Université Marien-Ngouabi
À Brazzaville, la grève illimitée déclenchée à l’Université Marien-Ngouabi continue de peser sur le rythme académique. Le mouvement, engagé par l’intersyndicale le 17 novembre 2025, s’inscrit dans un ensemble de revendications sociales centrées, notamment, sur le paiement d’arriérés de salaires.
Dans les couloirs de l’établissement, la situation est suivie de près par les personnels et les étudiants, attentifs aux signaux envoyés par les différentes parties. Le contexte est d’autant plus sensible que l’année universitaire dépend d’un retour rapide à des conditions de travail stabilisées et prévisibles.
La ministre relance des échanges à Brazzaville
Le 5 janvier 2026, la ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Delphine Edith Emmanuel, a engagé de nouveaux échanges avec les représentants des plateformes syndicales du secteur. Les autorités académiques de l’Université Marien-Ngouabi ont également pris part aux discussions.
L’objectif affiché est de rapprocher les positions et d’harmoniser les points de vue, dans un cadre de dialogue. Selon les participants, l’idée est d’éviter que les incompréhensions ne s’installent et de clarifier, point par point, les attentes des partenaires sociaux et les marges de manœuvre disponibles.
Arriérés de salaires : un premier paiement, des attentes
Le cœur du différend renvoie à des arriérés de salaires, présentés comme un motif central du mouvement. Une première avancée avait été enregistrée le 23 décembre 2025, à l’issue d’une réunion entre la ministre et les acteurs concernés.
D’après les éléments communiqués, trois des cinq mois d’arriérés exigés par les syndicats ont alors été réglés. Ce geste a été perçu comme une étape concrète, sans pour autant suffire à lever l’ensemble des préoccupations exprimées par les plateformes syndicales.
Revendications en suspens et recherche d’un accord durable
Malgré ce pas jugé significatif, certaines revendications restent en suspens, ce qui explique la poursuite de la grève. Les échanges du 5 janvier se veulent donc une séquence de travail, pensée pour explorer une solution plus durable et acceptée par tous.
Dans l’esprit des discussions, il s’agit d’identifier un compromis capable de répondre au plus près des demandes sociales, tout en tenant compte des contraintes de gestion. Les interlocuteurs cherchent à éviter une sortie de crise uniquement ponctuelle, qui laisserait réapparaître les mêmes tensions quelques semaines plus tard.
Un climat de discussion qualifié de constructif
À l’issue de la rencontre, aucune annonce officielle de levée de la grève n’a été faite. Pour autant, les discussions se poursuivent et le climat est qualifié de constructif par les parties prenantes, signe qu’un espace de négociation demeure ouvert.
Ce choix des mots compte dans une crise sociale : il indique, au minimum, la volonté de maintenir le canal du dialogue. En pratique, il renvoie aussi à une méthode, celle de rencontres successives, destinées à réduire les points de blocage au fil des échanges.
Reprise des cours : l’enjeu d’un apaisement durable
L’objectif demeure la restauration d’un climat social apaisé, favorable à la reprise effective des activités académiques. Pour l’université, l’enjeu dépasse la seule question administrative : il touche directement à la continuité des enseignements et à la régularité des évaluations.
Dans l’attente d’un dénouement, enseignants et étudiants espèrent une issue rapide. Le sentiment dominant est celui d’un besoin de visibilité sur le calendrier, afin que l’année universitaire puisse reprendre un cours normal, avec des repères clairs pour l’ensemble de la communauté.
