Une interpellation suivie d’un transfert à Dolisie
Jonas Fred Makita, influenceur connu sur les réseaux sociaux congolais, a été interpellé le vendredi 9 janvier 2026 par des agents de la Police judiciaire. Il est présenté comme « agent de la Mairie de Dolisie » et résident à Pointe-Noire.
Selon les éléments communiqués, il a été placé en garde à vue dans le cadre d’une affaire qualifiée d’« outrage à magistrat et diffamation contre une institution ». Les faits évoqués se rattachent à un épisode survenu à Dolisie en décembre 2025.
Arrêté à Pointe-Noire, il a ensuite été transféré à Dolisie le samedi 10 janvier 2026. Il doit être présenté au parquet dès le lundi 12 janvier devant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Dolisie, Paterne Franchimel Ebaka.
Mandat d’amener: le déroulé de la procédure
Dans ce dossier, la procédure s’appuie sur un mandat d’amener émis à Dolisie le 22 décembre 2025. Selon le récit, l’interpellation s’inscrit dans l’exécution de ce mandat, et non dans une initiative d’acteurs politiques ou gouvernementaux, comme certaines rumeurs l’ont laissé entendre sur les réseaux sociaux.
La procureure de la République près le Tribunal de grande instance de Pointe-Noire, Mme Stéphanie Souvenirs Tsibi Ititi, aurait instruit les services de Police judiciaire d’interpeller l’influenceur, compte tenu de sa résidence dans la ville océane.
Les services de Police judiciaire mentionnés dans l’article sont placés sous la direction du colonel Joachim Yamanda. À ce stade, le dossier est présenté comme relevant d’un circuit judiciaire classique entre les parquets territorialement compétents.
Les qualifications retenues et les textes cités
Le mandat d’amener vise à entendre Jonas Fred Makita sur des faits qualifiés d’« outrage à magistrat » et de « diffamation contre une institution ». Les références juridiques citées renvoient à l’article 222 du Code pénal, ainsi qu’aux articles 187, 196 et 219 de la loi n°8-2001 du 12 novembre 2001 sur la liberté de l’information et de la communication.
Le vocabulaire employé dans le dossier souligne un point important: il ne s’agit pas, dans le récit, d’un simple échange polémique sur les plateformes, mais d’une mise en cause estimée suffisamment grave pour entraîner une mesure coercitive et une présentation au parquet.
Si une suite judiciaire est engagée, le contenu exact des propos attribués à l’influenceur, leur contexte et leur portée seront au cœur de l’appréciation. L’affaire, telle que rapportée, rappelle aussi l’existence de limites légales à l’expression publique, y compris en ligne.
Journalistes et influenceurs: une différence de statut au Congo-Brazzaville
L’article insiste sur une distinction entre journalistes professionnels et influenceurs. Selon la loi n°8-2001 du 12 novembre 2001 sur la liberté de l’information et de la communication, les journalistes, au Congo-Brazzaville, n’encourent plus de peines de privation de liberté pour des délits de presse.
À l’inverse, les influenceurs des réseaux sociaux sont décrits comme ne disposant pas, à ce jour, d’un statut structuré, ni d’organisation, ni de base déontologique reconnue. Ils sont donc traités comme des citoyens ordinaires et peuvent, en cas de délit, faire l’objet de mesures privatives de liberté.
Dans cette logique, Jonas Fred Makita, n’étant pas présenté comme journaliste, a été placé en garde à vue en vue de sa présentation devant le parquet. Le dossier pose ainsi, en creux, la question de l’encadrement d’une activité devenue centrale dans l’espace public.
Réseaux sociaux, responsabilité et autorité de la justice
Au-delà du cas individuel, l’affaire met en lumière une tension récurrente: l’instantanéité des réseaux sociaux face aux exigences de prudence et de vérification. Les contenus circulent vite, parfois plus vite que les rectifications, et les institutions peuvent considérer certains propos comme attentatoires à leur crédit.
Le texte souligne aussi une perception répandue: certains créateurs de contenus estiment que leur audience, leur réputation ou leurs relations, affichées ou supposées, peuvent constituer une forme de protection. Mais la procédure décrite rappelle que, devant la loi, cette protection reste incertaine.
Dans l’attente de la suite, les prochaines étapes se concentrent sur l’audition et l’éventuelle décision du parquet. Si un procès s’ensuit, il permettra d’établir, de manière contradictoire, la nature des propos reprochés et leurs conséquences juridiques.
En cas de condamnation, l’article estime qu’une peine de prison est possible. En filigrane, le dossier illustre la volonté des autorités judiciaires de faire respecter le cadre légal, y compris dans l’espace numérique, et d’affirmer la responsabilité individuelle face à la parole publique.
