Un congrès décisif à Brazzaville
Réunis à Brazzaville pour leur deuxième congrès ordinaire, les cadres de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale ont débouché, le 22 novembre, sur une décision symbolique : placer Jeremy Lissouba, 36 ans, au poste stratégique de secrétaire général, missionné pour incarner le renouveau organisationnel.
Ce choix, entériné par un conseil national présidé par Pascal Tsaty Mabiala, poursuit un double objectif : consolider la stabilité interne après une période de questionnements et faciliter une transition intergénérationnelle présentée comme indispensable à la compétitivité électorale future du parti.
Au terme des travaux, Pascal Tsaty Mabiala a également été confirmé président du Conseil national pour cinq ans. « Les jeunes deviennent la cheville ouvrière de notre formation », a-t-il déclaré, saluant une génération prête à « s’engager sur tous les fronts ».
Transition générationnelle au cœur de la stratégie
Cette infusion de sang neuf n’efface pas, toutefois, les responsabilités plus anciennes. Le président du Conseil national affirme mesurer « le poids de la charge » face à des défis organiques, structurels et logistiques qui, selon lui, exigeront méthode, discipline et travail collectif constant.
Avant de clore le congrès, les délégués ont adopté une feuille de route centrée sur le renforcement des structures locales, la modernisation des instruments de communication et le maillage territorial, jugé crucial pour reconnecter la direction nationale aux réalités des départements et des villes.
Le nouveau secrétaire général s’est engagé à mener rapidement un audit interne. L’objectif affiché est de disposer, dès les prochains mois, d’un diagnostic précis des forces militantes, des finances et des capacités de formation, afin de réallouer les ressources là où elles sont réellement nécessaires.
Parallèlement, un plan de rajeunissement des instances sera proposé. Il prévoit une plus forte représentation des cadres de moins de quarante ans dans les bureaux fédéraux et la création de passerelles vers le secrétariat exécutif pour les délégués issus du monde académique et de l’entrepreneuriat.
Discipline et gouvernance renforcées
La question de la discipline, souvent évoquée pendant les débats, a donné lieu à des résolutions fermes. Dorénavant, les sanctions seront prises sans délai par les structures compétentes, puis validées par les commissions d’éthique, afin d’éviter les suspensions prolongées qui fragilisaient le mouvement.
Pour les actes jugés graves, tels que la haute trahison ou la tentative de déstabilisation interne, la radiation immédiate reste possible. « L’heure n’est plus à la légèreté », a rappelé Pascal Tsaty Mabiala, mettant en garde contre tout comportement susceptible d’entraver la cohésion collective.
Au-delà de ces dispositions, le congrès a insisté sur la nécessité de restaurer « l’énergie conquérante » qui animait le parti à ses débuts. Plusieurs intervenants ont appelé à reprendre le terrain social, notamment dans les secteurs de la jeunesse, des femmes et des professions libérales.
Une feuille de route tournée vers le terrain
Jeremy Lissouba, qui succède à un bureau provisoire, devrait installer dans les prochaines semaines un calendrier de rencontres régionales. Selon son entourage, ces tournées permettront d’expliquer les résolutions du congrès, d’écouter les doléances locales et d’identifier des relais susceptibles de dynamiser l’action politique.
Sur le plan organisationnel, le parti mise également sur la formation numérique. Des modules en ligne, accessibles depuis Brazzaville comme depuis les préfectures, devront renforcer la maîtrise des outils de campagne, la compréhension des textes légaux et la communication citoyenne, autant d’atouts pour les échéances électorales.
Dialogue politique et climat apaisé
La présence, lors de l’ouverture et de la clôture, de responsables d’autres formations politiques a été saluée comme le signe d’une démocratie « fraternelle et apaisée ». Pour les organisateurs, ces échanges illustrent un climat de respect mutuel qui contribue à la stabilité de l’espace politique congolais.
En filigrane, les participants ont lancé un appel au dialogue permanent avec les institutions nationales. Ils estiment qu’un parti d’opposition peut défendre ses positions, tout en collaborant avec les pouvoirs publics sur des dossiers d’intérêt général, à l’image des questions de réforme éducative et de santé.
Le congrès a finalement adopté une motion de remerciement adressée aux autorités administratives pour l’appui logistique consenti durant les travaux. Les délégués y voient la preuve d’une volonté partagée de garantir la libre expression des forces politiques, indispensable à l’animation pluraliste de la République du Congo.
Cap sur l’exécution et le suivi
De Brazzaville aux sections lointaines, l’heure est désormais à la mise en œuvre. Les commissions thématiques, fraîchement installées, disposeront d’un cahier de charges détaillé et devront remettre, chaque trimestre, un rapport d’étape permettant d’évaluer les avancées et de corriger les éventuels retards.
En confiant à un trentenaire la gestion quotidienne et en réaffirmant sa culture de dialogue, l’Upads espère redynamiser son image auprès d’un électorat urbain exigeant. Les prochains mois diront si le pari de l’alliance entre expérience confirmée et énergie nouvelle portera les fruits attendus.
Pour l’heure, l’équipe sortante se dit prête à transmettre documents et archives afin d’assurer une continuité sans heurts. Un comité bipartite supervisera le passage de témoin, garantissant que les engagements financiers en cours et les programmes sociaux ne subissent aucune interruption.
