Une consécration panafricaine à Kinshasa
À Kinshasa, la troisième édition du trophée Congolese Women Excellentia a hissé cinquante Africaines centrales sur le devant de la scène. Parmi elles, la Congolaise Josiane Mouhani, distinguée dans la catégorie « femme de foi », a captivé l’auditoire par son parcours et son engagement.
Cette reconnaissance, remise par la Fondation Alpha Perla sous le thème « Femmes d’Afrique centrale : ambition, excellence, impact », s’inscrit dans une démarche de valorisation de l’excellence féminine et de stimulation du réseautage transfrontalier, deux leviers devenus incontournables pour accélérer le développement de la sous-région.
Le trophée s’ajoute aux distinctions déjà obtenues par des Congolaises engagées et rappelle l’importance, pour les institutions, d’appuyer les talents nationaux. Le ministère congolais de la Promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement suit de très près ces initiatives.
Le parcours d’une leader de terrain
Née à Brazzaville, Josiane Mouhani conjugue responsabilités politiques et pastorales. Secrétaire nationale chargée du genre au Parti des démocrates congolais, formation de la majorité présidentielle, elle dirige aussi la Fondation « Josiane Mouhani pour les délaissées », organisme encore jeune mais déjà remarqué.
Son histoire est jalonnée de sacrifices. Au sein des églises qu’elle fréquente, elle a longtemps encadré des jeunes filles en situation de vulnérabilité avant de bâtir un réseau de soutien plus large. « Servir Dieu suppose de servir la cité », rappelle-t-elle encore aujourd’hui.
Militante disciplinée, elle partage son temps entre réunions de parti, visites de terrain et formations. Ses proches évoquent une capacité d’écoute rare. « Elle nous pousse à trouver des solutions locales plutôt qu’à attendre des miracles », confie une collaboratrice qui préfère garder strictement l’anonymat actuellement.
Cette rigueur l’a conduite jusqu’à Kinshasa, où le jury a souligné sa manière d’incarner « l’impact au quotidien ». Sa présence, aux côtés d’autres lauréates issues du Cameroun ou du Gabon, a symbolisé la complémentarité des expériences féminines au sein de l’espace CEMAC toujours davantage recherchée.
Pour la République du Congo, ces distinctions agissent comme des vitrines. Elles rappellent que l’ambition présidentielle de mettre l’humain au centre des politiques publiques trouve des relais concrets dans la société civile, notamment lorsque des femmes transforment la spiritualité en ressort entrepreneurial et communautaire.
La foi, moteur d’action sociale
« Être servante de Dieu ne suffit pas », rappelle souvent Josiane Mouhani. Pour elle, la foi se mesure « à l’action ». Ses programmes d’évangélisation incluent systématiquement des ateliers pratiques sur la gestion budgétaire, la prévention sanitaire et le leadership féminin dans les communautés urbaines congolaises.
Le credo de la lauréate trouve sa source dans un verset qu’elle cite fréquemment: « Avec Dieu nous ferons des exploits ». Dans les quartiers populaires de Brazzaville, cette maxime nourrit l’espoir et alimente un volontarisme qui complète les efforts institutionnels en faveur de la cohésion social.
Le ministère des Affaires sociales souligne d’ailleurs le rôle des organisations confessionnelles dans l’atteinte des Objectifs de développement durable. Les programmes de terrain, moins coûteux que de vastes infrastructures, permettent d’impliquer directement les bénéficiaires et de tester des approches adaptées au contexte congolais actuel.
Autonomisation féminine et jeunesse protégée
Au-delà de la foi, le combat de la lauréate vise l’autonomisation économique. Sa fondation accompagne les jeunes filles-mères par des formations en couture, coiffure et gestion de petites entreprises, autant de compétences destinées à sécuriser des revenus et à renforcer la dignité individuelle de chacune.
Interrogée à son retour, elle prépare une marche de sensibilisation contre la délinquance juvénile, phénomène connu sous le nom de « kulunas ». Son objectif: mobiliser les mères pour qu’elles jouent pleinement leur rôle éducatif et protègent les adolescents tentés par la violence urbaine latente.
Les pouvoirs publics saluent cette initiative complémentaire aux programmes de sécurité. « Lorsque la société civile prend la parole, les messages passent plus vite », estime un responsable municipal. Les organisateurs espèrent ainsi réduire les tensions sociales et encourager un climat favorable à l’entreprenariat juvénile local.
Rayonnement culturel et rapprochement régional
Le trophée Congolese Women Excellentia ne se limite pas à un palmarès. La cérémonie a présenté des prestations artistiques célébrant le patrimoine de chaque pays représenté, rappelant que la culture demeure un vecteur puissant de rapprochement et un moteur de diplomatie inclusive en Afrique.
Les échanges noués à Kinshasa doivent se poursuivre lors de futurs forums sous-régionaux. Des entrepreneuses camerounaises ont déjà proposé d’accueillir une foire conjointe, tandis que des partenaires gabonais songent à mutualiser des formations. Josiane Mouhani entend jouer le rôle de passerelle entre ces initiatives encore naissantes.
En recevant son prix, la lauréate a rappelé que « l’excellence n’exclut personne ». Un message qui résonne dans la République du Congo, où la promotion de la femme constitue un axe stratégique. À l’heure du bilan, son parcours révèle la force douce du leadership spirituel.
