M3 progresse à 8,3 % en novembre 2025
La dernière livraison statistique de Bank Al-Maghrib, rendue publique pour le mois de novembre 2025, confirme l’orientation haussière de la masse monétaire au Maroc. L’agrégat M3 mesure l’ensemble de la monnaie en circulation et les dépôts à vue, fournissant un baromètre macro-économique central pour les autorités.
Selon le communiqué, l’indicateur a bondi de 8,3 % en glissement annuel, après 7,3 % en octobre. Cette accélération, observée malgré un contexte international prudent, consolide la trajectoire ascendante notée tout au long de l’exercice, sans rupture marquante d’un mois sur l’autre.
Bank Al-Maghrib souligne que l’augmentation reste cohérente avec les indicateurs publiés antérieurement, confirmant la vigueur relative de l’économie marocaine sur le plan monétaire. Aucun élément de rupture n’est mis en avant dans les tableaux diffusés par l’institution.
Un seuil psychologique à 2 011,3 milliards de dirhams
L’encours de M3 atteint désormais 2 011,3 milliards de dirhams, équivalant à près de 201 milliards de dollars américains. Le passage au-delà du seuil symbolique des deux mille milliards confère à la statistique une visibilité particulière auprès des opérateurs et des médias économiques.
Pour les spécialistes, le chiffre constitue avant tout un repère comptable. Il ne modifie pas en lui-même la physionomie du cycle, mais rappelle que les tendances de liquidité se mesurent aussi en valeur absolue, et pas uniquement en taux de variation relatifs.
Bank Al-Maghrib se garde toutefois de tout commentaire prospectif. Le document mis en ligne se limite à la mise à jour des agrégats, dans la stricte continuité des séries publiées, sans discours d’orientation ni allusion explicite à une possible inflexion de politique.
Dynamique mensuelle et glissement annuel
Le taux de 8,3 % s’inscrit dans un mouvement entamé plusieurs mois auparavant. D’un point de vue séquentiel, la montée de M3 apparaît régulière, chaque publication mensuelle révélant une progression contenue mais constante sur fond de stabilisation des autres agrégats.
La donnée dévoilée ce mois-ci illustre ainsi le glissement annuel, c’est-à-dire la comparaison entre novembre 2025 et novembre 2024. En retenant ce pas de temps, l’infléchissement par rapport aux pics conjoncturels de 2024 paraît limité, sans effacement complet des tensions passées.
En rythme mensuel, l’écart reste de moindre ampleur. Bank Al-Maghrib ne détaille pas la variation mois à mois dans son bref communiqué, mais les tableaux annexes révèlent une continuité qui ne suggère ni pic soudain ni contraction remarquable de la liquidité.
Octobre 2025 comme point de comparaison
Le mois précédent affichait une hausse de 7,3 %, rappelée en ouverture des nouvelles statistiques. Ce rappel permet d’apprécier l’accélération modérée constatée, à savoir un point de pourcentage supplémentaire, et d’inscrire la progression de novembre dans une trajectoire déjà identifiée.
Aucun changement méthodologique n’est signalé entre les deux relevés, ce qui exclut toute explication technique. La différence semble donc imputable au simple jeu des flux ordinaires, sans intervention particulière de la banque centrale rapportée dans le document examiné.
La comparaison entre octobre et novembre continue néanmoins d’intéresser les observateurs. Une évolution d’un mois sur l’autre, même limitée, peut laisser transparaître les premiers signes d’inflexion avant qu’ils ne se manifestent dans les séries longues.
Questions de liquidité dans l’économie marocaine
La masse monétaire constitue l’un des vecteurs de la liquidité globale disponible pour les ménages, les entreprises et l’État. Sa progression, reflétée dans M3, éclaire le volume potentiel de transactions que l’économie peut absorber sans contrainte immédiate de financement.
Bank Al-Maghrib ne tire pas de conclusion directe sur ce terrain dans le document publié, se concentrant sur la présentation factuelle. Les commentaires éventuels relatifs au crédit, à l’investissement ou à la consommation ne figurent pas dans la note statistique.
Cette discrétion institutionnelle préserve la neutralité du message et évite toute interprétation hâtive sur la future orientation monétaire. En l’absence de prévisions officielles, la communauté financière se limite à observer la cadence, sans indications nouvelles sur les intentions de la banque.
Les ménages, confrontés à un environnement où le coût de la vie reste observé avec attention, suivent également l’évolution de la masse monétaire. Une expansion régulière demeure, pour eux, un indicateur indirect de la disponibilité potentielle de moyens de paiement à l’échelle domestique.
Une visibilité renforcée pour les décideurs
Même dépourvue de commentaire prospectif, la publication offre aux décideurs publics et privés un jalon de plus pour ajuster leurs projections budgétaires. Le suivi mensuel permet de caler les simulations sur des données fraîches, élément apprécié des directions financières et des bureaux d’études.
En définitive, la hausse de 8,3 % confirme l’inertie positive de la masse monétaire marocaine à l’approche de la fin d’année 2025. À défaut d’indiquer une orientation future, la statistique livre une photographie précise, indispensable pour éclairer le débat économique en cours.
Depuis plusieurs années, la banque centrale privilégie une approche de transparence progressive, fondée sur la diffusion régulière d’indicateurs synthétiques. La publication de la masse monétaire s’inscrit dans ce schéma, visant à stabiliser les anticipations sans multiplier les commentaires hors de son périmètre strict.
L’examen mensuel se poursuivra.
