Une cérémonie à Villetaneuse, près de Paris
La première étape des obsèques de Pascal Andjembo, ancien journaliste et diplomate, s’est tenue le vendredi 16 janvier à la Chambre funéraire Joncherolles de Villetaneuse, en région parisienne. Il est décédé le 28 décembre 2025 à Paris, à l’âge de 80 ans.
Pour la diplomatie congolaise en France, l’instant avait valeur de rendez-vous avec une figure connue et respectée. L’ambassadeur Rodolphe Adada, accompagné de collaborateurs, a participé à cet hommage rendu dans un cadre sobre, à la mi-journée.
Diplomatie congolaise en France : un dernier salut
Autour du cercueil, l’émotion dominait, mais sans excès. Les propos échangés insistaient sur la densité d’un parcours et la loyauté d’un serviteur de l’État, dont l’expérience diplomatique s’ajoutait à une trajectoire intellectuelle et politique plus ancienne.
Plusieurs participants ont évoqué le sens du devoir et la rigueur de Pascal Andjembo, des qualités régulièrement associées aux métiers de la représentation. La présence de l’ambassadeur Rodolphe Adada a été perçue comme un signe d’attention envers une personnalité ayant compté dans les réseaux congolais en France.
Entre recueillement et musique : les Bantou de la Capitale
La cérémonie a été ponctuée par un intermède musical, porté par des chansons de l’orchestre Les Bantou de la Capitale. Cette séquence a, selon des proches, adouci le temps du recueillement, en réintroduisant des repères familiers à ceux qui partageaient sa génération et son univers culturel.
Ce choix musical n’était pas anodin. Il a servi de passerelle entre la douleur et la mémoire, rappelant la place de la musique dans les sociabilités congolaises et, plus largement, dans la manière d’accompagner les départs. L’assemblée est restée attentive, souvent silencieuse.
« Père, grand-père, frère » : les mots des proches
Au fil des prises de parole, un portrait intime s’est dessiné. « Leur père, grand-père, frère, oncle à forte personnalité, un homme qui était pleinement lui-même », a-t-on retenu de l’oraison funèbre. Les expressions choisies disaient une présence marquante, parfois exigeante, toujours assumée.
Dans l’assistance, amis et proches ont voulu se retrouver, moins pour célébrer une carrière que pour reconnaître un tempérament. L’hommage s’est construit sur des souvenirs concrets, des attitudes, une façon d’être. La cérémonie a ainsi tenu ensemble la sphère familiale et l’espace public.
Un itinéraire politique forgé au Parti Congolais du Travail
Pascal Andjembo est présenté comme un homme de gauche, formé au Parti Congolais du Travail. Son parcours l’a conduit à exercer des responsabilités politiques, où il fut notamment député, parfois décrit comme « le plus cher », formule reprise dans les échanges autour de son héritage.
Sans chercher à figer une trajectoire dans une étiquette, les intervenants ont rappelé que la politique avait structuré sa vie. Cette expérience, faite d’engagement et de rapports de force, est restée un fil rouge de son identité, jusque dans les récits partagés lors des obsèques.
Plume, enseignement, journalisme : un homme de mots
Ceux qui l’ont connu insistent sur une plume vive et un goût des formulations précises. Enseignant passionné, il aurait transmis plus que des savoirs, en « éveillant des esprits » et en marquant des élèves. La cérémonie a d’ailleurs souligné cette dimension pédagogique, parfois moins visible que ses fonctions officielles.
Sa carrière a également été marquée par le journalisme, un exercice où les mots comptent et où l’on apprend à trier l’essentiel. Dans les témoignages, cette capacité à écrire, expliquer et convaincre était décrite comme une force, et comme une manière de rester fidèle à lui-même.
Son livre de 2022, mémoire d’un engagement
L’un de ses repères éditoriaux demeure la publication, en 2022, de « Quel roman que ma vie », paru chez l’Harmattan. Le livre est présenté comme une écriture des mémoires, pensée pour transmettre aux générations présentes et futures le sens d’un mobile militant, avec ses exigences morales et éthiques.
Selon les rappels faits à Villetaneuse, l’ouvrage revient aussi sur des étapes de sa vie d’enseignant, de journaliste et de diplomate. Il y aborde les principaux segments de la vie nationale, en tirant des enseignements, tout en rendant hommage à des personnalités l’ayant fait progresser.
Prison, exil, convictions : une trajectoire éprouvée
Dans le récit de sa vie, il est également question d’épreuves. La politique, a-t-il témoigné, l’a conduit en prison et en exil. Pour ceux qui l’ont accompagné, cette part d’ombre n’efface pas le reste : elle explique, au contraire, une persistance des convictions, décrites comme ancrées à gauche.
Les mots entendus lors de la cérémonie n’étaient ni de plainte ni de règlement de comptes. Ils cherchaient plutôt à dire ce que ces expériences avaient imprimé en lui : une résistance intérieure, un attachement à la cohérence, et le besoin de mettre par écrit ce qui avait été vécu.
Un retour vers Brazzaville, dernière étape du voyage
Après l’hommage rendu à Villetaneuse, le cercueil a été transporté vers le fret aérien, en partance pour Brazzaville, en république du Congo (Congo-Brazzaville). Cette étape logistique, souvent discrète, a été évoquée comme un moment de bascule : celui du départ vers la terre des siens.
Pour plusieurs proches, cette trajectoire entre Paris et Brazzaville donne aussi une forme à une vie partagée entre plusieurs espaces. En France, il laisse des relations, des souvenirs et des lecteurs. Au Congo-Brazzaville, il rejoint une mémoire collective où son nom demeure associé à la parole et à l’État.
