Un coup dur : la blessure de dernière minute
Le visage grave de Walid Regragui, dimanche soir, a immédiatement trahi l’ampleur du coup dur essuyé par le Maroc. Le sélectionneur a officialisé l’indisponibilité d’Azzeddine Ounahi, moteur du milieu, pour l’intégralité de cette Coupe d’Afrique des nations 2025 disputée à domicile.
D’après le technicien, le joueur s’est blessé la veille, lors d’un entraînement désormais scruté avec regret. Diagnostic tombé comme une lame : déchirure au mollet. Regragui a déclaré que son protégé ne sera pas opérationnel avant cinq à six semaines, soit au-delà du tournoi.
Une absence de six semaines confirmée
Cette durée d’absence ne surprend pas le staff médical, car, toujours selon Regragui, il s’agit d’une rechute d’une lésion contractée dans son club espagnol de Girona. Le sélectionneur parle d’une atteinte « ancienne », mal cicatrisée, qui a subitement cédé sous la charge de l’entraînement.
Le Maroc perd donc bien plus qu’un relayeur ; il se prive d’un leader technique présenté par Regragui comme le métronome des Lions de l’Atlas. À l’issue du match contre la Tanzanie, le coach a confié que le groupe avait joué pour son absent.
Une qualification arrachée face à la Tanzanie
Cette rencontre des huitièmes de finale s’est soldée par un court succès : un but à zéro, signé Brahim Diaz à la soixante-quatrième minute. Le stade Prince Moulay Abdellah de Rabat a exulté, mais l’euphorie s’est vite tempérée à l’évocation de la blessure.
Devant la presse, Regragui a reconnu que ses joueurs avaient souffert et livré une première période jonchée de déchets techniques. Il a estimé que ces imprécisions avaient inspiré la Tanzanie, avant que la seconde mi-temps ne retrouve des standards plus conformes aux ambitions marocaines.
Cette lucidité a accompagné un message clair : à ce stade de la compétition, seule la qualification compte. Le tacticien refuse de s’alarmer des crispations collectives, préférant retenir la solidarité manifestée pour compenser la perte du milieu créateur et sécuriser la place en quarts.
Pression et risques d’un tournoi à domicile
Jouer à domicile, rappelle Regragui, place son équipe devant une obligation constante de presser et de chercher des buts. Cette posture offensive, applaudie par le public, laisse des espaces dans le dos de la défense, un risque accru dans l’absence d’un régulateur doté d’endurance.
Pour l’heure, le technicien affirme qu’aucun joueur ne pourra reproduire seul la palette d’Ounahi. La solution passera donc par des ajustements collectifs, un repositionnement des responsabilités et, surtout, une rigueur technique destinée à éviter les pertes de balle coûteuses dans les zones sensibles.
Regragui n’a pas précisé le nom de celui qui prendra la place vacante, préférant parler d’une rotation « organique ». Dans les couloirs du stade, certains observateurs imaginent un double pivot plus défensif, mais le sélectionneur s’est gardé de confirmer la moindre hypothèse.
Restructurer le milieu sans Ounahi
Le traumatisme psychologique de la perte d’Ounahi s’ajoute à la charge physique d’une CAN dense, comprimée sur trois semaines. Les Marocains ont conscience que la fenêtre de récupération est réduite. Chaque séance devient un exercice d’équilibriste où la préparation tactique doit composer avec la prévention médicale.
En conférence, le coach a d’ailleurs remercié le public de Rabat pour son soutien « indéfectible », le qualifiant de douzième homme précieux lorsqu’une blessure majeure frappe. Il a invité les supporters à conserver cette ferveur, persuadé que la dynamique collective se nourrit d’émulation populaire.
Sur le plan purement factuel, la sélection s’est octroyé quatre jours pour digérer la nouvelle avant de préparer son quart de finale. Le staff médical continuera de suivre Ounahi, même si l’espoir d’un retour express a été écarté par des examens complémentaires.
Le staff technique a donc refermé le chapitre médical et bascule vers le chantier tactique. Regragui insiste : « le groupe actuel suffit ». Ses propos, sobres mais déterminés, traduisent la volonté de responsabiliser chacun sans céder à la tentation d’un changement d’orientation majeure.
Soutien populaire et mental collectif
Dans les allées du complexe sportif, la presse locale s’interroge sur l’impact émotionnel d’une telle épreuve. Plusieurs reporters rappellent que l’équipe avait déjà fait preuve de résilience lors des qualifications. Regragui, fidèle à sa ligne, se refuse à toute dramatisation et parle d’« apprentissage accéléré ».
Au-delà de l’absence, le sélectionneur voit dans l’épreuve la possibilité de resserrer les rangs. « Une CAN ne se gagne jamais avec onze joueurs », glisse-t-il. Reste désormais à transformer la frustration en énergie, avant un quart de finale qui testera ce nouveau visage collectif.
Dans les rues de Casablanca, les supporters rencontrés expriment un mélange de soulagement et d’inquiétude. Le succès face à la Tanzanie entretient le rêve, mais l’idée de poursuivre le tournoi sans l’un de leurs chouchous surprend. Beaucoup promettent de « chanter plus fort » pour combler le vide.
Cap sur les quarts de finale
Le nom du prochain adversaire sera connu après les derniers huitièmes, détail que Regragui dit observer « avec calme ». Son discours, réitéré à chaque micro, se veut identique : rester focalisé sur le travail interne, éviter les calculs et faire confiance à la dynamique enclenchée dimanche.
