Opération Zéro Kuluna : la DGSP arrive à Oyo
Vendredi 9 janvier, des éléments de la direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) ont officiellement foulé le sol de la ville d’Oyo, située à environ 405 km au nord de Brazzaville. Leur déplacement s’inscrit dans l’opération « Zéro Kuluna », engagée depuis le 28 septembre.
Présentée comme une réponse aux actes de banditisme, cette opération vise à « débarrasser le Congo » des bandits de grand chemin. Dans les termes employés par les autorités, il s’agit de restaurer la quiétude publique et de dissuader les réseaux qui, ces derniers mois, ont installé un climat d’insécurité dans certaines zones.
Quatre arrestations au bord de l’Alima
À leur arrivée dans la zone du fleuve Alima, quatre bandits ont été arrêtés, selon le récit des faits. Les personnes interpellées ont ensuite été escortées jusqu’à la base des forces déployées pour l’opération, sous le regard des riverains.
La scène a été marquée par la présence d’une foule décrite comme enthousiaste. Des habitants ont chantonné « Yo nani, o boya DGSP ? », formule en lingala traduite par « Qui es-tu pour contester la DGSP ? ». Un signe, pour certains, d’un soutien populaire aux actions visibles sur le terrain.
Brazzaville et la lutte contre les « Kulunas »
Au Congo-Brazzaville, les gangs communément appelés « bébés noirs » ou « Kulunas » sont régulièrement accusés de multiplier les agressions. Brazzaville est citée comme l’un des espaces où cette criminalité de rue pèse sur la vie quotidienne, notamment dans certains quartiers et autour des axes fréquentés.
Le vocabulaire employé dans l’espace public renvoie à une préoccupation centrale : contenir des groupes qui « terrorisent » des populations. Dans ce contexte, la DGSP, décrite comme une force d’élite de la sécurité présidentielle, est mobilisée depuis plusieurs mois pour renforcer l’action des services en charge de l’ordre public.
Sassou-N’Guesso assume une ligne de fermeté sécuritaire
En octobre, le président Denis Sassou-N’Guesso a reconnu avoir ordonné la traque des gangs. Cette déclaration a été présentée comme un marqueur politique fort, donnant une direction claire aux services concernés, et installant l’opération « Zéro Kuluna » dans une logique de continuité.
Pour les observateurs, cette communication présidentielle vise aussi à rassurer. Elle rappelle que le traitement de l’insécurité est placé au niveau le plus élevé de l’État, avec un message de fermeté à l’égard des auteurs de violences et un appel implicite à la coopération des communautés.
Circulation : focus sur les taxis-motos et le port du casque
Au-delà des interpellations, l’action de la sécurité présidentielle a également concerné la circulation, en particulier celle des taxis-motos. Selon les informations rapportées, des mesures ont surtout insisté sur le port du casque, à la fois pour les conducteurs et pour leurs clients.
Cette dimension routière apparaît comme un prolongement de l’objectif de protection des personnes. Dans plusieurs quartiers, l’absence de casque et la multiplication de motos ont alimenté des inquiétudes liées aux accidents, à la fluidité du trafic et, parfois, à l’utilisation de deux-roues pour des actes délictueux.
Entre adhésion locale et attente de résultats durables
L’opération a été saluée par une partie de la population congolaise, d’après le récit de terrain. À Oyo, la foule venue encourager l’escorte des interpellés a donné l’image d’une adhésion immédiate, portée par le sentiment que « quelque chose bouge » face aux agressions.
Reste une attente centrale, partagée par de nombreux habitants : voir ces actions s’inscrire dans la durée, avec une présence dissuasive, des procédures rigoureuses et une amélioration tangible du quotidien. À ce stade, les arrestations annoncées à Oyo constituent un signal, dans une campagne plus large engagée depuis fin septembre.
