Une délégation européenne très attendue
Le sixième Congrès ordinaire du Parti congolais du travail a réuni, du 27 au 30 décembre à Brazzaville, plus de trois mille délégués venus des départements et de la diaspora.
Parmi eux, la Fédération PCT-Europe s’est déplacée sous la conduite de son président, Guy Anatole Elenga, membre du comité central, installé en France.
La délégation européenne, forte de militants répartis entre plusieurs villes françaises, est apparue comme un maillon stratégique, incarnant la dimension transnationale d’un parti historiquement ancré au Congo-Brazzaville.
Un discours calibré pour 3000 congressistes
Le 29 décembre, la salle des congrès a retenu son souffle dès que Guy Anatole Elenga a pris la parole.
Sa voix, posée, a déroulé un plaidoyer vigoureux pour la défense des idéaux du parti, mariant précision argumentative et puissance oratoire.
Chaque syntagme, soigneusement travaillé, a rappelé l’attachement de la diaspora européenne à la ligne politique définie par le Comité central et confirmée par les résolutions du Congrès.
Les applaudissements nourris qui ont suivi son intervention ont témoigné de la résonance particulière de ce message auprès de la base, soucieuse de préserver l’unité et la discipline vantées par le Secrétaire général Pierre Moussa.
Diaspora et citoyenneté active
Soucieuse de ne pas se sentir simple spectatrice de la vie nationale, la Fédération a rappelé sa contribution économique, sociale et culturelle à la République du Congo.
« Nous ne sommes pas en marge, nous faisons nation », a souligné Guy Anatole Elenga, insistant sur le droit des expatriés à jouir pleinement de la citoyenneté congolaise.
Selon lui, la Fédération constitue la « voix politique organisée » de la diaspora et un levier de mobilisation capable de renforcer le lien entre Brazzaville et ses ressortissants installés en Europe.
En guise d’exemple, il a évoqué les campagnes de solidarité organisées depuis Paris lors de la pandémie, soulignant la capacité des militants expatriés à mobiliser rapidement des ressources pour les structures sanitaires nationales.
Structurer l’implantation en Europe
Cette ambition passe toutefois par une structuration patiente.
Pour l’heure, l’implantation du PCT en Europe demeure concentrée en France, où la densité militante est élevée et offre un terrain propice à l’expérimentation organisationnelle.
Au lendemain d’un séminaire tenu à Paris en octobre 2023, cinq zones territoriales ont été dessinées, mais seuls les comités Nord-Ouest et Île-de-France sont déjà opérationnels et légitimés par des sessions électives.
Il prévoit toutefois d’étendre, à moyen terme, l’expérience aux capitales où vivent d’importants noyaux communautaires, telles que Bruxelles, Berlin ou Madrid, dès que les équipes locales auront été formées.
Plaidoyer pour le vote à distance
Dans ce contexte, la question du vote à distance apparaît centrale.
Le président fédéral a plaidé pour que chaque Congolais inscrit dans une ambassade puisse glisser son bulletin sans devoir parcourir des milliers de kilomètres.
Pour lui, l’enjeu relève d’une « exigence démocratique » et d’égalité devant le suffrage, condition de participation inclusive aux choix décisifs de la Nation.
L’introduction du vote hors territoire figure déjà dans plusieurs lois électorales africaines, rappelle-t-il, estimant que le Congo-Brazzaville dispose des outils techniques pour franchir ce cap, notamment grâce à l’enrôlement biométrique.
Il suggère une phase pilote dans la circonscription consulaire de Paris, qui concentre la plus forte communauté, avant une généralisation progressive coordonnée avec le ministère de l’Intérieur et la Commission électorale.
Des propositions pour renforcer le lien national
Au-delà des déclarations, la Fédération a soumis deux pistes aux congressistes afin de rendre tangible l’engagement de la diaspora.
La première consisterait à instaurer une Journée de la diaspora dans chaque ambassade, combinant forums thématiques, dialogues citoyens et rencontres culturelles aptes à nourrir le sentiment d’appartenance.
La seconde vise à adapter la gouvernance de la Fédération aux réalités européennes, plutôt que de reproduire le modèle des structures nationales, jugé moins pertinent pour des militants dispersés sur plusieurs pays.
Les congressistes ont salué des propositions jugées pragmatiques, à même de traduire l’ambition d’un parti disposant désormais d’un relais opérationnel au cœur de l’espace Schengen.
Le présidium a invité la Fédération à préciser un calendrier d’actions pour que ces initiatives portent leurs fruits dès le prochain exercice politique.
Regards croisés sur l’avenir
À l’issue des travaux, Guy Anatole Elenga s’est dit « confiant » dans la capacité de la diaspora à porter la feuille de route issue du Congrès, placée sous le signe de la discipline et de la modernité organisationnelle.
Il voit dans la mobilisation depuis l’étranger un indicateur positif pour l’économie nationale, par le biais des transferts financiers mais aussi du partage d’expériences professionnelles.
La diaspora reste cependant attentive aux conditions de retour et d’investissement, soulignant l’importance d’un cadre réglementaire clair et d’instruments bancaires adaptés à la circulation des capitaux privés.
Pour l’heure, la Fédération promet de multiplier les tournées d’information auprès des sections locales et de maintenir un dialogue nourri avec les autorités congolaises, dans un esprit qu’elle qualifie de « patriotisme exigeant ».
