Un congrès sous le signe du renouveau
Réuni à Brazzaville du 27 décembre 2025 au 1er janvier 2026, le sixième congrès ordinaire du Parti congolais du travail a réuni plus de 3 500 délégués. Dans une atmosphère de ferveur militante, les congressistes ont examiné les rapports d’activité, discuté des orientations futures et procédé au renouvellement des organes dirigeants.
La volonté de montrer un parti en mouvement a dominé les débats. Les orateurs ont insisté sur la nécessité d’adapter l’appareil à la prochaine séquence électorale tout en préservant la cohésion interne qui constitue, selon eux, la force historique du PCT depuis sa création en 1969.
Un secrétariat permanent resserré
Premier signal fort : la taille du secrétariat permanent passe de quinze à onze membres. Seuls le secrétaire général Pierre Moussa, le porte-parole Parfait Romuald Iloki et Pauline Issongo conservent leurs fauteuils, gage d’une continuité méthodique dans la conduite quotidienne du parti.
Autour d’eux émergent huit nouveaux profils, à commencer par Faustin Elenga, promu au rang stratégique de responsable de l’organisation et de la mobilisation. Marie-Jeanne Kouloumbou pilotera désormais les affaires électorales, tandis que Benoit Bakary Alangamoye se voit confier l’administration et les archives, dossiers sensibles à l’approche des scrutins.
Place à la jeunesse dans le bureau politique
Le bureau politique s’élargit à soixante-quinze membres et s’ouvre davantage aux moins de quarante-cinq ans. Plusieurs jeunes cadres issus des fédérations départementales font leur entrée, symbolisant, selon les congressistes, la volonté de « tenir compte de la sociologie réelle du pays ».
Cette infusion de sang neuf vise à renforcer la capacité d’écoute du parti, notamment auprès d’une jeunesse urbaine attentive aux questions d’emploi, de formation et d’inclusion numérique. L’objectif affiché est de consolider la majorité électorale du PCT tout en préparant la relève interne.
Expansion mesurée du comité central
Le comité central gagne quarante-huit sièges et compte désormais 775 membres. Derrière ce chiffre, les observateurs voient un équilibre subtil entre anciens compagnons de route et nouvelles figures régionales. Les quotas territoriaux ont été scrupuleusement respectés afin que chaque département puisse faire entendre sa voix.
Une commission d’évaluation renforcée
Sept personnalités, dont l’ancien ministre Charles Nganfouomo, composeront la commission nationale de contrôle et d’évaluation. Chargée de veiller à la conformité des structures avec les statuts, elle disposera d’un mandat élargi sur la supervision financière. Cette innovation traduit le souci de transparence rappelé dans les résolutions finales du congrès.
Cap sur la présidentielle de 2026
En clôture, Pierre Moussa a salué « la confiance renouvelée » placée dans son équipe. Il a remercié le président Denis Sassou Nguesso, qualifié de « très grand camarade », pour son soutien constant aux réformes internes. Ses propos ont reçu une standing ovation, signe d’une discipline toujours solide au sein du mouvement.
Faustin Elenga, nouvel homme fort de la mobilisation, a aussitôt fixé le cap : sécuriser une réélection du chef de l’État dès le premier tour, lors de la présidentielle prévue en mars 2026. « Nous devons restructurer la base et intensifier l’action de proximité », a-t-il expliqué devant la presse.
Les textes adoptés prévoient un calendrier serré de formations militantes, un audit des comités locaux et une campagne numérique offensive. Le secrétariat permanent espère ainsi harmoniser les méthodes sur l’ensemble du territoire et parler d’une seule voix dans la phase pré-électorale.
Entre continuité et mutations
Au terme de huit jours de travaux, le PCT affiche un visage rajeuni sans rompre avec ses repères idéologiques. Les équilibres entre générations, régions et sensibilités semblent avoir été négociés autour d’un objectif unique : garantir la stabilité et assurer la victoire de mars 2026.
Analystes et diplomates observeront désormais la capacité des nouveaux promus à traduire leurs mandats en actions concrètes. Les défis couvrent l’organisation interne, la participation citoyenne et la présentation d’un programme attrayant. Les cadres affirment prendre la mesure de l’enjeu ; la prochaine année dira si l’élan du congrès portera ses fruits.
