Accord GNPC-Sonatrach signé à Brazzaville
Un protocole d’accord a été signé le 6 janvier à Brazzaville entre la Ghana National Petroleum Corporation (GNPC) et le groupe algérien Sonatrach. La démarche s’inscrit sous l’égide de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (Appo).
La signature consacre, selon les parties, un rapprochement pensé comme « stratégique » autour de la recherche, de l’innovation et du développement de projets. Le choix de Brazzaville, ville-hôte de la rencontre, a offert un cadre de travail posé, à distance des annonces spectaculaires.
Appo et forum R&D : vers une technologie pensée en Afrique
Le partenariat est présenté comme l’un des résultats des travaux du forum recherche et développement de l’Appo. L’idée directrice est de mettre en commun des compétences industrielles, des retours d’expérience et des méthodes de travail pour produire des solutions adaptées aux réalités du continent.
Dans les échanges, la notion d’« africanisation » de certains outils revient comme un objectif pragmatique. Il ne s’agit pas de rompre avec les standards internationaux, mais de mieux ajuster les procédés aux contraintes locales, qu’elles soient techniques, logistiques ou organisationnelles.
Projets pétroliers et gaziers : coopération sur toute la chaîne
Le texte prévoit le développement conjoint de projets pétroliers et gaziers. Il mentionne aussi l’échange de bonnes pratiques et une coopération sur des techniques avancées couvrant l’ensemble de la chaîne « oil and gas », de l’exploration à la transformation.
Cette approche « de bout en bout » est centrale, car elle permet d’éviter que l’innovation ne se limite à un segment isolé. Les compagnies entendent, à travers ce cadre, lier davantage les phases amont et aval, en gardant un fil conducteur commun.
Sonatrach : un cadre structurant fondé sur la recherche
Pour Mustapha Benamara, directeur central de Sonatrach, le protocole d’accord constitue un cadre structurant appuyé sur la recherche et l’expertise. « L’accord permettra à nos deux pays de capitaliser sur leurs capacités respectives pour répondre à des problématiques communes du secteur des hydrocarbures », a-t-il déclaré.
À l’entendre, l’intérêt du document réside moins dans une promesse immédiate de production que dans l’organisation d’un travail continu. La logique, soutient-il, est de transformer des compétences disponibles en solutions industrialisables, avec des objectifs mesurables.
Réduire la dépendance technologique, retenir davantage d’investissements
Dans sa communication, Mustapha Benamara met l’accent sur une ambition : réduire la dépendance technologique vis-à-vis de partenaires internationaux. L’enjeu, selon lui, est aussi de rapatrier une partie des investissements à l’échelle nationale et continentale.
Cette orientation s’inscrit dans une réflexion plus large sur la capacité des entreprises africaines à maîtriser certains choix techniques. En toile de fond, une question revient : comment mieux valoriser la recherche interne et la traduire en savoir-faire opérationnel sur le terrain.
Un partenariat sur cinq ans, en deux phases
Le protocole est prévu pour une durée de cinq ans et doit se déployer en deux étapes. Les trois premières années seront consacrées à la préparation, à la maturation et à l’optimisation des projets de recherche et d’innovation.
La seconde phase, selon le schéma annoncé, portera sur l’implémentation et la validation des solutions développées sur le terrain. Autrement dit, les parties veulent tester, mesurer et ajuster avant une éventuelle généralisation, en s’appuyant sur des retours concrets.
D’autres accords attendus sous la coordination de l’Appo
Le mouvement pourrait s’élargir. D’après les indications communiquées, d’autres accords similaires devraient voir le jour dans les prochains mois, sous la coordination de l’Appo.
Pour les observateurs du secteur, cette multiplication de protocoles vise à installer une méthode : mettre en réseau des compagnies africaines autour de priorités partagées, en privilégiant des projets capables d’aboutir à des résultats industriels et technologiques vérifiables.
Brazzaville, un signal de diplomatie énergétique apaisée
À Brazzaville, l’événement rappelle que les discussions énergétiques africaines ne se résument pas aux volumes et aux prix. Elles passent aussi par des choix de coopération, de formation et de montée en compétence, dans un esprit de stabilité institutionnelle et de dialogue.
Pour la république du Congo (Congo-Brazzaville), accueillir ce type de signature renforce l’image d’une capitale qui sait offrir un espace de concertation. À court terme, le protocole trace surtout une trajectoire : celle d’une R&D plus coordonnée, au service des priorités du continent.
