Un anniversaire placé sous le signe du bilan
Deux années après son élection à la tête de l’Union des démocrates humanistes-Yuki, Joseph Badiabio a choisi l’esplanade du lycée Pierre Savorgnan de Brazza, à Bacongo, pour célébrer l’anniversaire de sa direction et rassembler militants, sympathisants et curieux de la deuxième circonscription de Makélékélé.
Arrivé debout dans un véhicule escorté par des drapeaux orange et blanc, le député a retracé devant la foule les étapes d’une formation politique qu’il décrit désormais comme « rassemblée » après la réintégration publique des derniers cadres qui avaient contesté son élection interne.
Ce rassemblement populaire intervenait également au lendemain de plusieurs rencontres internes qui, selon les organisateurs, avaient pour but d’évaluer l’implantation du parti dans les arrondissements de Brazzaville et d’affiner la stratégie de mobilisation avant les échéances électorales attendues au premier trimestre 2026.
Un appel à la candidature encore conditionnel
Mis au défi par de nombreux militants de déclarer officiellement sa candidature à la présidentielle, Joseph Badiabio a temporisé, réaffirmant qu’il ne se prononcerait que « si les conditions permissives d’une élection libre, transparente et équitable sont réunies ».
En réponse, les fédérations de jeunes et de femmes ont repris un slogan scandé tout au long du meeting, considérant qu’une telle candidature est le prolongement logique de l’opposition institutionnelle menée à l’Assemblée nationale par le député de Makélékélé depuis les dernières législatives.
Pour autant, l’orateur a soigneusement évité toute rupture verbale frontale avec les autorités, préférant insister sur la nécessité d’« améliorer l’offre démocratique » par un dialogue permanent entre partis, institutions et société civile, afin de consolider la paix et la stabilité du Congo-Brazzaville.
Les critiques énoncées par le leader
Dans son allocution, Joseph Badiabio a néanmoins dressé un inventaire sévère des difficultés quotidiennes évoquées par ses sympathisants : pénuries d’eau et d’électricité, tensions sur le pouvoir d’achat, retards de paiements dans plusieurs secteurs et inquiétudes liées au chômage des jeunes diplômés.
Ces constats, détaillés par le chef de l’U.d.h-Yuki, ont été accueillis par des applaudissements nourris, même si certains responsables locaux rappellent que d’importants chantiers sont déjà engagés par le gouvernement pour améliorer la desserte en électricité, réhabiliter les réseaux hydrauliques et renforcer l’accès aux soins primaires.
Les axes du « Plan parfait pour la renaissance »
Face à ces défis, l’élu a présenté les grandes lignes de son « Plan parfait pour la renaissance du Congo », un document de référence interne qui mise sur la gouvernance par les résultats, la diversification économique et la numérisation progressive de l’administration publique.
Le texte, qui propose aussi un soutien accru aux petites et moyennes entreprises, préconise une meilleure valorisation des ressources naturelles, l’implantation de centres de transfert de technologies et un renforcement des programmes de formation afin d’aligner compétences nationales et besoins futurs du tissu productif.
La réception du discours dans la classe politique
Plusieurs figures de l’opposition parlementaire, parmi lesquelles Chris Antoine Walembaud et Bonaventure Mizidy, ont assisté au meeting, saluant une prise de parole jugée plus offensive que les précédentes mais refusant encore de constituer un front commun en vue de la présidentielle.
Du côté de la majorité, certains observateurs estiment que la stratégie de Joseph Badiabio pourrait contribuer à enrichir le débat national, à condition qu’elle s’inscrive dans le cadre légal et qu’elle privilégie la complémentarité des plateformes politiques plutôt qu’une confrontation directe.
Une campagne qui se précise sans se déclarer
Sous l’effet de la médiatisation de son discours, les sections de l’U.d.h-Yuki préparent déjà une série de tournées régionales destinées à expliquer le programme, recenser les doléances locales et mesurer la faisabilité d’une campagne présidentielle qui, pour l’heure, reste hypothétique.
En coulisses, les conseillers du député rappellent qu’aucune procédure interne n’a encore été lancée pour désigner un candidat officiel et que les alliances éventuelles seront étudiées après l’annonce du calendrier électoral par les autorités compétentes.
Perspectives institutionnelles et responsabilité citoyenne
Au-delà des perspectives partisanes, plusieurs intervenants ont insisté sur la responsabilité citoyenne : s’inscrire sur les listes électorales, protéger la crédibilité du scrutin par la formation des assesseurs et promouvoir la culture du vote utile, autant d’éléments jugés essentiels pour renforcer la démocratie congolaise.
Dans cette optique, Joseph Badiabio a appelé les jeunes à « rompre avec le fatalisme » en s’engageant dans des initiatives locales de développement, rappelant que les transformations structurelles dépendent aussi d’une participation active et régulière de la base.
À l’issue du rassemblement, aucun dirigeant de l’U.d.h-Yuki n’a voulu confirmer une date pour la prochaine grande annonce politique, mais les observateurs s’accordent à dire que le compte à rebours vers mars 2026 est désormais bien enclenché sur l’échiquier congolais.
Dans l’immédiat, les proches de l’élu souhaitent capitaliser sur l’élan observé à Bacongo en multipliant réunions d’écoute et ateliers thématiques, convaincus qu’une démarche programmatique rigoureuse pourrait convaincre au-delà des bastions traditionnels de Makélékélé et de certains quartiers du sud de Brazzaville.
