Un quinquennat 2021-2026 au moment des comptes
À mesure que le quinquennat 2021-2026 du président Denis Sassou N’Guesso touche à sa fin, les conversations s’intensifient dans les quartiers, les administrations et au sein des organisations citoyennes. Chacun tente de mettre des mots sur ce qui a changé, et sur ce qui résiste encore.
Dans la république du Congo (Congo-Brazzaville), le bilan se lit à plusieurs niveaux. Des réalisations sont mises en avant par certains habitants, tandis que des acteurs de la société civile soulignent des difficultés persistantes, notamment sur le terrain social et économique.
Sécurité : l’opération Zéro Kuluna citée en exemple
Parmi les éléments régulièrement cités par des citoyens, la sécurité occupe une place particulière. Fabien Mpika, présenté comme citoyen congolais, estime que « le bilan du quinquennat (2021-2026)… est élogieux », en soulignant l’impact concret de certaines actions sur la vie quotidienne.
Il met en avant l’opération « Zéro Kuluna », décrite comme une traque des délinquants. À ses yeux, cette opération est une réussite, car elle permettrait aux citoyens de « circuler en toute sécurité ». Pour une partie de la population, ce type de perception pèse dans l’évaluation globale du mandat.
Éducation et santé : des infrastructures, une attente d’effets
Sur les secteurs de l’éducation et de la santé, des appréciations favorables existent également. Fabien Mpika note que « plusieurs infrastructures modernes sont construites » afin d’améliorer les systèmes sanitaire et éducatif. Dans le débat public, ces chantiers symbolisent une volonté d’investir dans des services essentiels.
Pour autant, l’appréciation ne se limite pas à la présence de bâtiments. La question posée par plusieurs interlocuteurs est celle des résultats ressentis au quotidien. L’existence d’infrastructures, pour importante qu’elle soit, n’épuise pas les attentes en matière de fonctionnement, d’accès et de qualité.
Grèves et tensions sociales : un marqueur des fragilités
Le climat social, lui, revient comme un point de crispation. Le texte mentionne des « grèves récurrentes » dans l’éducation, la santé, l’administration et d’autres secteurs. Pour certains acteurs de la société civile, ces mouvements sont le signe d’un malaise plus profond, et pèsent négativement sur le bilan.
Ces grèves, au-delà de leur impact immédiat, sont souvent interprétées comme un indicateur de la difficulté à stabiliser durablement les services publics. Dans les échanges, elles cristallisent des attentes relatives au pouvoir d’achat, à l’organisation du travail et à la continuité des prestations offertes aux usagers.
Société civile : la critique d’un quotidien jugé plus dur
Joe Washington Ebina, présenté comme acteur de la société civile, porte un regard nettement plus sévère. « La lecture de la difficulté des Congolais est plus grande aujourd’hui qu’il y a 30 ans », affirme-t-il, estimant que la situation sanitaire, économique et sociale « s’est aggravée ».
Son propos insiste sur l’écart entre bilans institutionnels et vécu des ménages. Il souligne que « les citoyens sont les meilleurs témoins de ce qu’ils vivent », et conteste l’idée qu’une amélioration se mesure uniquement par des constructions. Selon lui, « les Congolais souffrent… au quotidien ».
Entre réalisations visibles et défis à relever
Ces témoignages dessinent une photographie contrastée, typique des fins de cycle politique. D’un côté, des réalisations citées comme tangibles, en particulier en matière de sécurité et d’infrastructures. De l’autre, des difficultés associées au social, à l’économie et au fonctionnement de certains secteurs publics.
Dans ces discussions, la nuance tient souvent à la manière dont les priorités sont hiérarchisées. Certains retiennent ce qui est perçu comme une amélioration immédiate de la vie quotidienne. D’autres jugent que les problèmes structurels et la persistance des tensions sociales dominent l’évaluation.
Attente de paix, stabilité et conditions de vie améliorées
Au-delà des divergences, un point de convergence apparaît dans les attentes exprimées : l’amélioration des conditions de vie. Le texte indique que le peuple congolais appelle le gouvernement à agir en ce sens, en assurant « paix et stabilité ». Cette demande revient comme un horizon partagé, quelles que soient les opinions.
À l’approche de la fin du quinquennat, le débat sur les bilans se transforme ainsi en débat sur les priorités. Pour une partie des Congolais, il s’agit désormais de consolider les acquis évoqués, tout en apportant des réponses plus sensibles aux difficultés sociales et aux services du quotidien.
