Une tradition militaire fédératrice
Dans les jardins du ministère de la Défense, le 31 décembre 2025 a réuni, autour du président Denis Sassou Nguesso, l’ensemble des composantes de la Force publique. Le traditionnel Réveillon d’Armes scelle, chaque fin d’année, le pacte d’allégeance réciproque entre la Nation et ses soldats.
Chef suprême des Armées, le président a rappelé que cette rencontre dépassait la simple cérémonie protocolaire : elle constitue, selon lui, « un exercice de vérité » permettant d’évaluer l’année écoulée et de tracer la feuille de route des forces chargées de préserver la stabilité du Congo-Brazzaville.
Bilan d’un engagement sans relâche
Dans son exposé liminaire, le général de division Guy Blanchard Okoï, chef d’état-major général, a salué « la discipline, la cohésion et la loyauté » démontrées tout au long de 2025. Pour lui, la solennité du Réveillon d’Armes cristallise l’unité de la Force publique autour de ses missions régaliennes.
L’officier a décliné trois orientations prioritaires assignées un an plus tôt : recrutement, montée en puissance capacitaire et lutte contre le grand banditisme. Les objectifs, indique-t-il, ont été atteints « au prorata des effectifs prescrits », malgré un contexte budgétaire que chacun admet serré.
Recrues et formation, pari sur la jeunesse
Le contingent 2023 illustre cet effort. Les vagues A et B, réparties dans les corps de troupe, consolident leurs spécialités, tandis que la vague C achève la formation commune de base avant de renforcer l’unité de Génie-travaux et la musique principale des Forces armées.
Côté sécurité intérieure, les recrues de la Police et de la Gendarmerie, fraîchement présentées au Drapeau, entament un cursus professionnel de douze mois. L’état-major mise sur cette jeunesse pour densifier le maillage territorial et entretenir un climat de proximité avec les populations.
Parallèlement, la première compagnie du Génie-travaux poursuit son opérationnalisation. Le personnel provient d’unités aguerries, tandis que le processus d’acquisition de matériels est enclenché. L’objectif : doter le pays d’une capacité de génie civile et militaire apte à soutenir les chantiers.
Sécurité intérieure et action civique
Sur le front sécuritaire, l’opération « zéro kuluna » reste la vitrine la plus visible de l’action gouvernementale contre le grand banditisme. La Force publique affirme avoir permis la réappropriation de nombreux quartiers de Brazzaville et Pointe-Noire, rassurant riverains et opérateurs économiques.
Pour consolider cette dynamique, plusieurs casernes, dont Ndouo et Mont Barnier, connaissent une phase active de sédentarisation et d’occupation. Les autorités y voient un levier double : renforcer la discipline interne et améliorer les conditions de vie, gage de performance opérationnelle.
La modernisation touche aussi les infrastructures centrales. Les locaux réhabilités des directions des Finances et de l’Administration au ministère de l’Intérieur, ainsi que l’extension du poste de commandement de la Gendarmerie, témoignent de la volonté d’adosser la sécurité à une logistique robuste et rationalisée.
Hors casernes, militaires, policiers et gendarmes ont épaulé les municipalités dans les opérations d’assainissement de Brazzaville et Pointe-Noire. Cette coopération civilo-militaire illustre la philosophie « Armée-Nation » défendue par l’état-major : rendre un service direct aux habitants pour mieux ancrer la légitimité des forces.
Vers une présidentielle pacifiée
Toutes ces avancées convergent vers l’échéance majeure de mars 2026. Il s’agira d’élire, dans la sérénité, le prochain président de la République. Le général Okoï a fait de la sécurisation du scrutin la priorité absolue, invitant ses troupes à demeurer impartiales, vigilantes et proches des citoyens.
En retour, le chef de l’État a félicité la Force publique pour sa résilience « malgré les vents contraires ». S’il reconnaît des contraintes financières, Denis Sassou Nguesso assure que l’essentiel est préservé : la paix, condition sine qua non pour poursuivre la diversification économique amorcée ces dernières années.
Les signaux d’espoir du chef de l’État
Le président a également rendu hommage aux soldats tombés en République centrafricaine, rappelant que leur sacrifice inscrit le Congo-Brazzaville dans la consolidation régionale de la sécurité collective. « Ils sont morts pour la paix », a-t-il souligné, invitant la Nation à demeurer solidaire des familles endeuillées.
Confiant, Denis Sassou Nguesso a projeté l’avenir immédiat. L’agriculture, a-t-il dit, redeviendra « le moteur d’une croissance inclusive ». De même, la coopération avec les partenaires internationaux doit catalyser des programmes d’investissements créateurs d’emplois, surtout pour une jeunesse qui aspire à bâtir dans son pays.
Moment d’émotion, un tableau offert par la troupe au Chef de l’État a clos la cérémonie. L’œuvre, signée Van Andréa, représente le maillage territorial qu’assure la Force publique, soutenue, selon la symbolique, par les esprits des ancêtres veillant sur le Congo uni et prospère.
En quittant les allées plongées dans les lumières de fête, chaque officier mesurait l’ampleur de la tâche : protéger la cohésion nationale pendant le cycle électoral tout en continuant la modernisation de l’appareil sécuritaire. « Nous serons prêts », glissait un commandant, convaincu du bien-fondé de la feuille de route.
Ainsi s’achève le Réveillon d’Armes 2025, jalon symbolique d’un calendrier que militaires et civils souhaitent maîtriser. D’ici mars 2026, l’enjeu sera de traduire les promesses en actes, afin que l’élection présidentielle se déroule dans la paix et confirme la confiance placée dans les institutions.
