Riyad accueille la stratégie congolaise
La capitale saoudienne abrite du 23 au 27 novembre la 21ᵉ Conférence générale de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel. L’événement, consacré au « Pouvoir de l’investissement et des partenariats », réunit États membres, bailleurs et grands décideurs de la transformation mondiale.
Dans ce forum où convergent finances, innovation et diplomatie, la République du Congo entend défendre une position claire : industrialiser vite et bien pour atteindre les Objectifs de développement durable, tout en attirant des capitaux capables de dynamiser le tissu productif national.
Un mandat présidentiel centré sur l’industrie
Délégué par le président Denis Sassou Nguesso, le ministre du Développement industriel et de la Promotion du secteur privé, Antoine Thomas Nicéphore Fylla Saint-Eudes, conduit la délégation congolaise et porte une lettre de mission précise : élargir la coopération avec l’Onudi et conclure des accords concrets.
Le portefeuille ministériel prévoit, en marge des séances plénières, la signature de documents juridiques consolidant l’appui technique de l’agence onusienne. L’objectif est de sécuriser un accompagnement durable sur le financement, la formation et la mise en norme des unités industrielles naissantes.
Une vitrine pour les projets structurants
Sur scène, le ministre présente les zones économiques spéciales de Pointe-Noire et d’Oyo-Ouesso, vitrines de la diversification voulue par Brazzaville. Les infrastructures logistiques achevées ou en cours y servent d’argument pour démontrer la maturité des dossiers.
Les participants découvrent aussi les projets d’agro-transformation du manioc, du cacao et de l’hévéa, qui visent à substituer des importations et créer des chaînes de valeur locales. Les premiers pilotes, déjà opérationnels, ont montré une capacité d’exportation vers l’Afrique centrale.
Côté énergie, la mise à niveau des centrales hydroélectriques d’Imboulou et de Liouesso est rappelée, gage d’un kilowatt-heure plus compétitif pour les industriels, compatible avec les impératifs climatiques soutenus par l’Onudi.
Investissements ciblés et avantages comparatifs
Devant les fonds souverains du Golfe, Brazzaville met en avant une main-d’œuvre jeune, un marché régional de 200 millions de consommateurs et un code des investissements révisé en 2023 offrant exonérations fiscales ciblées.
Les autorités soulignent l’abondance de ressources boisées certifiables, la proximité des corridors maritimes atlantiques et la stabilité macroéconomique consolidée depuis l’accord avec le FMI. Autant d’atouts que la délégation veut transformer en contrats.
Dans les salles de négociation, l’accent est mis sur les co-entreprises plutôt que sur des schémas purement extractifs, afin de renforcer les compétences locales et d’élargir la base fiscale nationale.
Partenaires internationaux en première ligne
L’Onudi confirme son intérêt pour l’assistance technique au parc technologique de Maloukou-Tréchot, dédié aux industries du numérique et de la mécanique légère. Des discussions avancées portent sur un centre de formation commun destiné aux jeunes ingénieurs.
La Banque islamique de développement explore, pour sa part, un mécanisme de financement mixte pour les PME, combinant prêts à taux concessionnel et garanties de première perte, afin de réduire le risque perçu sur le marché congolais.
La Chambre de commerce saoudienne envisage une mission d’affaires à Brazzaville au premier semestre 2026. Le ministre y voit un signal fort de confiance, susceptible d’entraîner d’autres investisseurs asiatiques et européens.
Cap sur une transformation inclusive
Au-delà des chiffres, Brazzaville insiste sur l’impact social. Chaque zone industrielle devra intégrer des critères d’inclusion jeunesse et genre, en cohérence avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine et les ODD de l’ONU.
Le Congo souhaite aussi verdir sa montée en puissance : des audits énergétiques seront systématisés sur les nouvelles installations et un fonds de dépollution industrielle est à l’étude, appuyé par l’Onudi et des partenaires bilatéraux.
Avant de quitter Riyad, le ministre Fylla Saint-Eudes promet de rendre publiques les conventions signées et de maintenir un dialogue permanent avec le secteur privé national, convaincu que la croissance industrielle la plus robuste naît d’une confiance partagée.
