Deux nouveaux hôpitaux pour Sibiti et Ouesso
En fin novembre 2025, le président Denis Sassou Nguesso a coupé deux rubans symboliques, successivement à Sibiti puis à Ouesso, offrant à la République du Congo deux hôpitaux généraux flambant neufs inscrits au cœur de sa politique sanitaire.
Le chef de l’État a salué un « progrès tangible pour l’équité territoriale », tandis que les habitants des départements de la Lékoumou et de la Sangha voyaient se matérialiser une promesse formulée dès 2016 dans le cadre du Programme santé pour tous.
À Sibiti, l’établissement hospitalier couvre cinq hectares et aligne 235 lits, quatre blocs opératoires, trois salles d’accouchement et un espace de césarienne sécurisé, ainsi qu’une banque de sang et une unité de néphrologie-hémodialyse dotée de huit générateurs.
Les premiers effectifs comptent 193 professionnels, médicaux et non médicaux, recrutés pour garantir la prise en charge des pathologies courantes comme des urgences vitales.
Le même modèle a été reproduit dans le nord, à Ouesso, où un hôpital aux caractéristiques similaires déploie cinq zones fonctionnelles, quatre blocs opératoires, trois salles d’accouchement et une banque de sang, épaulés par 141 agents, médecins, ingénieurs et techniciens.
Les deux sites disposent d’une capacité énergétique autonome grâce à des centrales thermiques, de forages alimentant des réservoirs d’eau et d’infrastructures de restauration, garantissant un fonctionnement continu et une qualité d’accueil alignée sur les normes de l’Organisation mondiale de la santé.
Les équipements lourds, comme les tables d’anesthésie ou les scanners, ont été acquis auprès de fournisseurs certifiés, assurant la compatibilité avec le réseau électrique stabilisé. Des techniciens congolais ont été formés à la maintenance pour limiter les immobilisations prolongées.
Objectif OMS : le Programme santé pour tous
Lancé en 2016, le Programme santé pour tous ambitionne de doter chacun des douze chefs-lieux de département d’un hôpital général respectant les standards internationaux, afin de rapprocher l’offre de soins des populations et de réduire les évacuations sanitaires coûteuses vers Brazzaville ou l’étranger.
Selon le ministre d’État Jean-Jacques Bouya, « ces infrastructures participent à l’inclusion territoriale et au capital humain, piliers du Plan national de développement ». La stratégie conjugue formation du personnel, équipement moderne et maintien durable, grâce à un suivi budgétaire adossé au Trésor public.
La tranche inaugurée cette semaine confirme la montée en régime du programme après Ouesso, Oyo, Owando et Dolisie, déjà opérationnels. Chaque site devient un nœud régional capable de soutenir les centres de santé périphériques et de servir de plateau technique pour la médecine spécialisée.
Capacités hospitalières, détails techniques
Le choix d’une capacité de 235 lits répond à une modélisation démographique qui anticipe la croissance des chefs-lieux tout en gardant une maîtrise des coûts d’exploitation. Les blocs opératoires favorisent les chirurgies viscérales, orthopédiques et obstétricales, domaines identifiés comme prioritaires par le ministère de la Santé.
La présence d’une banque de sang interne et d’un incinérateur électrique à Ouesso répond aux préoccupations de biosécurité et de gestion des déchets biomédicaux, respectant la réglementation nationale actualisée en 2024.
Chaque hôpital est doté d’un système d’information hospitalier permettant l’archivage numérique des dossiers, la traçabilité des médicaments et la télésurveillance des équipements critiques, un pas supplémentaire vers la modernisation du service public de santé.
Calendrier 2026 : Impfondo et Kinkala à l’horizon
Jean-Jacques Bouya a confirmé l’achèvement en 2026 des hôpitaux d’Impfondo, dans la Likouala, et de Kinkala, dans le Pool. Les travaux sont avancés à plus de soixante-dix pour cent, selon le maître d’ouvrage, et les commandes d’équipements ont déjà été lancées.
Une fois le réseau mis en place, chaque département disposera d’un hôpital de référence, préfigurant un maillage sanitaire national susceptible de soutenir la Couverture santé universelle engagée par le gouvernement.
Le financement des infrastructures repose sur des ressources internes complétées par un prêt concessionnel négocié en 2017, dont les conditions sont jugées soutenables par le ministère des Finances, qui prévoit un amortissement progressif sur vingt ans.
Route et électricité : Ewo s’ouvre au pays
Dans la Cuvette-Ouest, le Président a inauguré la connexion d’Ewo au réseau électrique national et la route bitumée Boundji-Ewo longue de 76 km. Cette double réalisation lève un enclavement historique et facilite l’acheminement des médicaments, du personnel et des marchandises vers le chef-lieu.
Pour les autorités locales, l’arrivée de l’électricité renforce la sécurité des soins, tandis que la nouvelle route réduit le temps de parcours vers Owando à moins de deux heures durant la saison des pluies.
Des comités de santé communautaire, déjà actifs dans la zone, se voient confier le suivi des besoins prioritaires en consultation avec les directions hospitalières, afin de maintenir un dialogue permanent entre les soignants, les autorités et les habitants.
Adhésion populaire et présence gouvernementale
Les cérémonies, auxquelles assistaient le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, plusieurs membres du gouvernement et les préfets concernés, ont donné lieu à un accueil populaire fervent, illustrant l’aspiration partagée à des services publics de proximité et au désenclavement des territoires, du sud au nord du Congo-Brazzaville.
