Un message d’intransigeance sécuritaire
Le chef de l’État congolais, Denis Sassou Nguesso, a réaffirmé devant le Parlement réuni en congrès sa détermination à “traquer les koulounas jusque dans le moindre recoin du territoire”. Cette annonce, faite le 28 novembre à Brazzaville, confirme la priorité sécuritaire de l’heure.
Prononcées lors du traditionnel message sur l’état de la Nation, ses paroles rappellent l’engagement constitutionnel pris envers chaque citoyen : assurer la sécurité sans concession. Le chef de l’État insiste : nul ne doit douter du cap fixé, ni de la ténacité des forces déployées.
La stratégie de terrain
Depuis plusieurs mois, opérations de ratissage, contrôles d’identité et patrouilles nocturnes se succèdent dans les quartiers sensibles de Brazzaville et Pointe-Noire. Les autorités promettent d’étendre la même vigilance aux localités rurales afin d’éviter que les bandes ne changent simplement de terrain.
Le terme “koulouna”, passé dans le langage courant, désigne de jeunes délinquants souvent organisés en petits réseaux violents. Leur méthode consiste à créer une atmosphère de peur durable, compromettant le tissu commercial informel sur lequel reposent de nombreux ménages urbains.
En soulignant la menace pour “l’économie de nuit”, Denis Sassou Nguesso rappelle que les hôtels, restaurants, salles de spectacle et taxis nocturnes constituent un maillon financier essentiel. Si la psychose s’installe, reconnaît-il, les emplois liés aux loisirs et au tourisme se trouveraient fragilisés.
Impact socio-économique attendu
Le secteur informel, porté par “les mamans” vendeuses de rue, serait également touché. Ces commerçantes qui se lèvent avant l’aube et ferment tard assurent la subsistance de familles entières. Leur vulnérabilité renforce l’urgence d’une réponse étatique cohérente et rapide, soutenue par la population.
Pour parvenir à ses fins, le gouvernement multiplie les opérations coordonnées entre police, gendarmerie et armée. Des unités spécialisées, équipées de moyens de mobilité accrue, sont déployées aux abords des marchés, des axes de transport et des zones portuaires, où la concentration humaine demeure élevée.
La dimension préventive n’est pas négligée. Des campagnes de sensibilisation dans les écoles et sur les médias publics expliquent les risques encourus par ceux qui basculent dans la criminalité. On y insiste sur l’importance de la scolarisation, de l’apprentissage professionnel et de l’insertion par le sport.
Appel à la solidarité citoyenne
“Il ne s’agit pas seulement d’arrêter, mais de prévenir”, confie un cadre du ministère de l’Intérieur. Selon lui, la pacification durable passe par l’offre de perspectives aux jeunes désœuvrés, souvent premiers recrutés par les réseaux de voyous en quête d’ascension rapide et d’argent facile.
Du côté des élus locaux, l’heure est au suivi rapproché. Des conseils municipaux se réunissent régulièrement pour évaluer l’efficacité des patrouilles et identifier les zones encore vulnérables. Les rapports sont ensuite transmis à la hiérarchie sécuritaire, qui ajuste les effectifs selon la gravité perçue.
Les associations de quartier, longtemps premières à signaler les exactions, saluent la “fermeté” présidentielle. Toutefois, elles insistent sur la nécessité d’éviter les bavures afin de préserver la confiance établie. La présence de médiateurs communautaires devrait, selon elles, faciliter le dialogue avec les forces de l’ordre.
Suivi politique et premiers résultats
Sur le plan politique, l’opposition parlementaire approuve la priorité donnée à la sécurité mais réclame un contrôle renforcé du budget alloué. Le gouvernement, pour sa part, défend un dispositif “maîtrisé et transparent”, arguant d’une mise à disposition régulière des statistiques d’interpellations et de saisies.
À court terme, l’exécutif table sur une baisse sensible des agressions armées. Un comité interministériel suit la courbe des incidents au fil des semaines, tandis qu’un numéro vert permet aux témoins de signaler tout mouvement suspect sans craindre de représailles.
Sur le terrain, certains habitants respirent déjà. À Moungali, la fréquentation des terrasses a augmenté depuis l’apparition de pick-up de police aux abords du marché. Dans le deuxième arrondissement de Pointe-Noire, les usagers tardifs rapportent un sentiment de sécurité “rare depuis des mois”.
Modernisation des moyens et avertissement final
Pour consolider ces gains, l’exécutif mise sur la modernisation des outils d’enquête, notamment la vidéosurveillance et les bases de données partagées. Des formations sont en cours afin d’améliorer la coordination entre la Police judiciaire et la gendarmerie, jugée cruciale par les experts nationaux.
“L’objectif reste la capture du dernier bandit”, a martelé Denis Sassou Nguesso. Le message, répété à plusieurs reprises, entend décourager toute tentative de reconstitution des réseaux démantelés. La promesse d’inflexibilité est également adressée aux éventuels complices logistiques ou financiers.
Compassion et vision d’ensemble
Enfin, le chef de l’État a exprimé “une compassion nationale” aux victimes et à leurs familles. Ce passage, salué par l’hémicycle, souligne que la réponse sécuritaire s’accompagne d’un volet humain, sous forme d’aide psychologique et, le cas échéant, de dédommagement matériel.
La mobilisation contre les koulounas s’inscrit désormais dans la durée. Entre rigueur policière et initiatives sociales, le pouvoir espère rétablir partout “la paix des cœurs et la tranquillité des esprits”. Une équation qui, si elle réussit, consolidera la confiance dans les institutions nationales.
