Un congrès très attendu à Brazzaville
Brazzaville a vibré trois jours durant, du 20 au 22 novembre 2025, au rythme du deuxième congrès ordinaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale, l’UPADS, formation fondée par le professeur Pascal Lissouba. Plus d’un millier de délégués s’y sont retrouvés.
Venus des douze départements du Congo-Brazzaville, les 1 225 congressistes ont pris place dans l’amphithéâtre central du complexe Tréchy. Leur objectif, décliné en ateliers, était double : dresser un bilan sans complaisance et jeter les bases d’une organisation plus agile.
Nouveaux textes et gouvernance modernisée
Les travaux, conduits à un rythme soutenu, se sont appuyés sur les résolutions adoptées lors des congrès départementaux de début octobre. La majorité des coordinations a insisté sur l’accélération des réformes pour doter le parti d’outils modernes de mobilisation.
Les statuts et le règlement intérieur ont été relus article par article. Plusieurs amendements ont clarifié la répartition des responsabilités entre le Conseil national et le secrétariat général, ouvrant la voie à un fonctionnement davantage collégial et orienté vers les résultats électoraux.
Pascal Tsaty Mabiala prend la barre
Point culminant, l’élection à bulletin secret de Pascal Tsaty Mabiala à la présidence du Conseil national s’est déroulée dans un silence studieux, interrompu seulement par les applaudissements nourris annonçant sa victoire. Le vote a consacré un homme reconnu pour sa constance.
Sous les vivats, le nouvel élu a rappelé l’importance de la discipline et du respect des décisions collectives. Sa priorité affichée est de maintenir, selon sa formule, le navire sur la bonne trajectoire, en faisant participer chaque militant aux choix stratégiques.
Jérémy Lissouba, trait d’union générationnel
Dans la foulée, Pascal Tsaty Mabiala a proposé la nomination de Jérémy Lissouba au poste de secrétaire général, proposition immédiatement approuvée. La fonction de Premier secrétaire disparaît ainsi, signe d’un recentrage des missions exécutives et d’une volonté d’incarner un nouveau souffle.
Fils de l’ancien chef de l’État, le nouveau secrétaire général incarne pour de nombreux congressistes le lien entre la mémoire fondatrice et les attentes de la jeunesse. Sa désignation reflète aussi le souci de la parité générationnelle exprimé dans plusieurs commissions.
Priorités programmatiques et stratégie territoriale
Les congressistes ont acté que les autres organes – bureau politique, commissions spécialisées et sections d’outre-mer – seront installés lors d’une session inaugurale à venir. Cette étape doit permettre de décliner concrètement les nouveaux statuts et de consolider les chaînes décisionnelles.
Dans son discours de clôture, Pascal Tsaty Mabiala a salué un congrès qu’il juge historique pour la social-démocratie congolaise. Il a rappelé le précédent de 2013, année où l’UPADS avait innové avec l’université directe, avant de promettre d’aller encore plus loin.
Les observateurs notent que la sérénité des débats tranche avec les crispations ayant parfois marqué la vie interne du parti. Plusieurs délégués attribuent ce climat apaisé à des consultations préalables approfondies et à une méthode de vote jugée transparente par tous.
Les autorités administratives, invitées en ouverture, ont jugé ce processus interne conforme aux exigences légales qui encadrent la vie des partis au Congo-Brazzaville. Ce constat rassure les militants soucieux d’inscrire leurs actions dans un cadre républicain respectueux des institutions nationales.
À la sortie, quelques cadres ont confié qu’une grande tournée d’explication est envisagée dans les chefs-lieux départementaux pour vulgariser les nouveaux textes et recueillir un feedback rapide. L’idée est de transformer l’élan du congrès en dynamique militante continue.
Sur le plan idéologique, les commissions ont réaffirmé l’attachement du parti aux valeurs de solidarité, d’économie mixte et de justice sociale, tout en reconnaissant la nécessité d’ajuster le discours aux mutations du tissu productif national et à l’intégration sous-régionale.
Cap sur les prochaines échéances locales
Plusieurs intervenants ont souligné l’importance de former les cadres locaux aux nouveaux outils numériques, afin de moderniser l’action militante. Des modules de formation doivent être élaborés par la commission chargée de la communication et validés lors de la prochaine réunion.
En clôturant les travaux, le président du bureau de séance a rappelé que le contexte national reste marqué par les objectifs de développement définis par le gouvernement. L’UPADS, a-t-il insisté, veut contribuer loyalement à ce cadre tout en défendant ses spécificités.
Les prochains mois seront consacrés à la préparation des élections locales, test grandeur nature pour la nouvelle équipe dirigeante. Plusieurs délégués se disent confiants, estimant que la clarification organisationnelle et l’unité affichée constituent des atouts pour regagner du terrain électoral.
À l’issue des hymnes, les congressistes ont quitté la salle avec, pour beaucoup, le sentiment d’avoir ouvert une page inédite. Le défi, désormais, consiste à traduire les résolutions dans les faits, afin que la renaissance annoncée dépasse le simple slogan.
L’agenda publié en fin de séance mentionne également la création d’un observatoire interne chargé de mesurer l’impact social des propositions du parti. Cet outil, inspiré des pratiques internationales, doit fournir des indicateurs réguliers pour ajuster programmes, communication et alliances sur le terrain.
