Auteur/autrice : Andre Ilunga
Une nouvelle voix poétique à Brazzaville Publié chez L’Harmattan Congo, Des mots, de l’amour et des larmes installe Césaire Baltazard Obambi parmi les voix intimes qui comptent à Brazzaville. En quarante-huit poèmes, le jeune auteur bâtit une ode lancinante à l’élan amoureux et à ses gouffres. Le livre est bref, quatre-vingt pages, mais son architecture resserrée concentre émotions et fulgurances. Préfacé par le journaliste culturel Prince Arnie Matoko, l’ouvrage s’inscrit dans la veine de l’écriture de l’intime où la confession sert de porte d’entrée à l’universel. Dès le titre, le poète confie son ambition: faire des mots un laboratoire affectif…
Une élection décisive pour l’UNESCO Le 6 octobre, au siège de l’UNESCO à Paris, les 58 membres du Conseil exécutif se sont retrouvés dans une atmosphère feutrée mais dense pour choisir le prochain directeur général de l’organisation. Au premier tour, l’Égyptien Khaled El-Enany a recueilli 55 voix, ne laissant que deux suffrages à son rival congolais Firmin Edouard Matoko, tandis qu’une abstention complétait le scrutin, ce résultat sans appel. Cette victoire nette offre une transition sans heurts au lendemain du mandat de la Française Audrey Azoulay, et consacre la continuité d’un leadership africain dans une institution fréquemment appelée à panser…
Rumba symphonique en majesté à Brazzaville Au Palais des congrès de Brazzaville, la rumba a résonné le 21 septembre 2025, portée par l’Orchestre symphonique des enfants. Dans une salle moins pleine que prévu, les spectateurs présents ont pourtant vite oublié les sièges vides, happés par l’alliance surprenante des cuivres, cordes et percussions avec des mélodies populaires. Le maestro Josias Ngahata a mené l’ensemble avec une gestuelle précise, parfois presque dansante, soulignant les contretemps chers à la rumba congolaise. Chaque arrangement ouvrait un espace nouveau, où un violon solo dialoguait avec une guitare, tandis que le chœur juvénile donnait couleur et…
Aux racines d’un penseur brazzavillois Né en 1936 dans le quartier Poto-Poto de Brazzaville, Sylvain Mbemba appartient à la première génération d’intellectuels du Congo-Brazzaville formés dans l’école coloniale puis engagés dans le débat public naissant au moment clé de l’indépendance en 1960. Très tôt journaliste et chroniqueur, il signe des articles qui bousculent la vision linéaire de l’histoire nationale. Son objectif, écrit-il, est de « ramener la mémoire vers le peuple afin de la lui restituer » (Mbemba, 1964), une démarche déjà singulière. Cette curiosité l’amène à revisiter les structures d’organisation sociale héritées des royaumes précoloniaux. Plutôt que de les…
L’événement, un rendez-vous majeur pour l’humour Du 23 au 25 octobre 2025, la salle Savorgnan-de-Brazza accueillera la 18e édition du festival tuSeo, vitrine internationale du rire africain. Pour la première fois, la manifestation traversera le fleuve Congo pour trois séquences complémentaires à Kinshasa, affirmant un projet culturel désormais pleinement transfrontalier, ancré dans les imaginaires. En dix-huit ans, tuSeo s’est imposé comme un laboratoire où se croisent comédie stand-up, sketchs musicaux, satire politique ou improvisation collective, toujours dans une atmosphère conviviale. À chaque édition, de nouveaux publics découvrent des créateurs venus de plusieurs horizons linguistiques et géographiques du continent, et bien…
Une conférence de presse très attendue Le 30 septembre, dans une salle bondée de Brazzaville, les responsables de la Confédération des églises des réveils du Congo ont pris la parole devant médias et fidèles. À quelques jours de la cérémonie officielle prévue le 3 octobre au Palais des congrès, ils ont dévoilé leur feuille de route. « Cette confédération est née de l’aspiration de toutes les églises de réveil à vouloir s’unir et travailler ensemble », a résumé son président, l’apôtre Germain Ndeke. Pour cet homme d’Église, le temps est venu de doter les assemblées d’un organe capable de porter…
Dessins inédits de Labou Tansi à Limoges À Limoges, la Bibliothèque francophone multimédia dévoile, du 1er au 30 octobre, un trésor rarement montré : les dessins, croquis et feuillets manuscrits que Sony Labou Tansi traçait en marge de ses écrits. Le vernissage public est annoncé le 3 octobre à 18 heures. Ces pièces, longtemps conservées dans les réserves limougeaudes, témoignent du moment où l’auteur congolais laissait son imaginaire vagabonder avant de figer la phrase. Taches d’encre, traits nerveux et apostrophes poétiques composent une cartographie sensible, comme un palimpseste intime de ses futurs romans. Le public français redécouvre ainsi un artiste…
Un héritage conciliaire encore en jachère Au cœur du concile Vatican II, les Pères ont voulu redonner souffle à la vie ecclésiale en restaurant le diaconat permanent comme degré autonome du sacrement de l’ordre. Plus de cinquante ans plus tard, la mesure est globalement reçue, mais son enracinement reste contrasté. En Afrique centrale, la réception demeure discrète. Au Congo-Brazzaville, la figure du diacre permanent apparaît comme une promesse encore largement inexploitée, malgré les appels des textes conciliaires à une Église plus proche des réalités humaines et sociales. La timidité relève moins d’une opposition doctrinale que d’une hésitation pastorale. Dans un…
Brazzaville célèbre la langue gangulu Brazzaville a récemment vibré au rythme de la langue gangulu, mise à l’honneur lors de la sortie officielle de l’Association pour la promotion, la langue et la culture Gangulu. Devant un public attentif, le président Sébastien Elion a lancé un appel vibrant à la préservation. Intitulée « La langue, véhicule de la culture d’un peuple », la cérémonie a souligné la fragilité des idiomes africains confrontés à la modernité. Pour M. Elion, sauvegarder la parole ancestrale revient à transmettre sans filtre les mœurs, les rites et l’histoire d’une communauté entière. Langue Gangulu, un patrimoine vivant…
Pointe-Noire électrisée par le Fima Trois nuits durant, Pointe-Noire a vibré sous l’égide du Festival international de musique et des arts, dont la douzième édition s’est achevée le 14 septembre. L’ambiance, unanimement saluée, a confirmé la place majeure de ce rendez-vous culturel dans la cité océane. Du premier riff de guitare aux ultimes pas de danse, les artistes ont dressé un pont sonore et visuel entre générations, rappelant que la musique reste au Congo-Brazzaville un langage partagé, au-delà des origines et des quartiers. Trois soirées, trois atmosphères La première soirée a mêlé défilés de mode et performances acoustiques. Les sapeurs,…