Auteur/autrice : Andre Ilunga
Brazzaville bouillonne de culture Du nord au sud de la capitale congolaise, les agendas se remplissent à vue d’œil. Films inédits, concerts intimistes, expositions : la ville entend proposer, du vendredi au dimanche, un vaste choix de rencontres culturelles accessibles tant aux familles qu’aux amateurs exigeants. Cette diversité d’offres confirme le dynamisme des opérateurs privés et des lieux indépendants qui, en complément des structures publiques, irriguent les quartiers en évènements réguliers. Le week-end à venir se présente comme un condensé de cette effervescence créative. Cinéma Canal Olympia Poto-Poto Installé en diagonale de la basilique Sainte-Anne, le Canal Olympia programme la…
Un écran congolais ouvert aux femmes cinéastes Dans la chaleur du Centre culturel des Ateliers Sahm, le 5 septembre, un faisceau lumineux a révélé bien plus que des images. Trois courts métrages africains, projetés pour la première édition du Festival des films d’Afrique Ô féminin Mwassi, ont offert une tribune rare aux créatrices du continent. Organisé à Brazzaville par les Ateliers Sahm avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement, ce rendez-vous culturel vise à promouvoir la création féminine. La directrice artistique, Pierre-Manau Ngoula, rappelle que le Congo-Brazzaville ne compte pas encore d’école publique de cinéma. En allant…
Un jeu 100 % congolais À Brazzaville, la première édition du Lissolo Challenge a mis en lumière Lissolo 2.0, jeu de société conçu pour faire découvrir la République du Congo sous ses multiples facettes. L’initiative, portée par la créatrice Kris Brochec, revendique une identité culturelle assumée. Lissolo 2.0 propose une exploration ludique des langues, des traditions et des réalités socio-économiques congolaises. Chaque partie invite les joueurs à voyager parmi des thématiques diverses, invitant à la fois compétition conviviale et apprentissage collaboratif. Selon Hugues Wilson, chargé du projet, le dispositif entend réunir une communauté d’amateurs autour d’un support accessible. Il rappelle…
Une nomination historique pour la mode congolaise Le 3 septembre a inauguré une séquence attendue par les passionnés de haute couture africaine : l’ouverture du vote du concours panafricain Talents d’Or 2025, où figure désormais, pour la première fois, une créatrice de la République du Congo, Edouarda Diayoka. Au-delà d’un simple rendez-vous artistique, cette sélection matérialise une reconnaissance symbolique du savoir-faire congolais, longtemps confiné à des marchés nationaux, et ouvre un espace de visibilité inédit pour l’ensemble des industries culturelles de Brazzaville. Chez les sociologues de la créativité, le cas Diayoka illustre une dynamique de circulation transfrontalière des imaginaires :…
Une première nomination historique La mode congolaise franchit un cap symbolique. Le 3 septembre a marqué l’entrée d’Edouarda Diayoka, fondatrice de Louata, parmi les finalistes des Talents d’Or 2025, concours panafricain de référence. L’événement confirme la visibilité grandissante du savoir-faire artistique de la République du Congo. Jamais auparavant une créatrice basée à Brazzaville n’avait accédé à cette sélection. Entre reconnaissance continentale et espoir local, la nomination revêt une dimension presque institutionnelle : elle signale l’émergence d’un secteur qui, malgré une structure encore artisanale, veut se positionner sur les scènes commerciales africaines. Le parcours d’une créatrice sociétale Née et formée à…
Héritages croisés du Mayombe Dans le massif verdoyant du Mayombe, la pluralité linguistique tisse un récit où chaque accent devient mémoire. La langue kuni, parlée de Pointe-Noire à Makaba, s’est façonnée au contact du vili et du yombé, véritables miroirs sonores d’une histoire partagée entre marchés portuaires et villages forestiers. Les habitants décrivent ce mélange comme un « talent du fleuve », expression soulignant la circulation permanente des hommes et des mots. Les migrations internes, encouragées par l’ouverture de pistes ferroviaires et routières, ont offert à la langue kuni un théâtre d’échanges qui dépasse les frontières des chefferies traditionnelles. Les…
Dévoilement nocturne de «Ligne rouge» Il est exactement minuit, ce 22 août 2025, quand les plateformes de streaming se colorent soudain du rouge éclatant de la pochette conçue par l’Orchestre Patrouille des stars. En quelques minutes, les notifications affluent et les premiers partages transforment la toile en piste de danse virtuelle. Kevin Mbouandé, dit le Métatron, choisit Paris pour appuyer la sortie de Ligne rouge devant des fans venus de Brazzaville, Pointe-Noire et Kinshasa. La salle, chauffée par un orchestre au complet, rappelle l’ambiance fiévreuse des « kermesses » populaires congolaises d’autrefois. Une production artisanale à l’heure du streaming Avec…
Un festival enraciné dans la cité océane Depuis douze ans, le Festival international de musique et des arts, plus connu sous l’acronyme FIMA, s’impose comme un repère incontournable du calendrier culturel ponténégrin. Né d’une initiative citoyenne portée par l’ONG MB Production, l’évènement a su tisser des liens solides avec les habitants du quartier 418 Makayabou, un espace populaire qui se transforme, trois soirs durant, en vaste scène à ciel ouvert. Trois soirées gratuites et éclectiques Du 12 au 14 septembre, les déflagrations sonores s’égrèneront gratuitement sous les palmiers de Mongo-Mpoukou. L’organisation prévoit une jauge de cinq mille personnes par soirée,…
Un parcours entre deux rives Paul Tsouarès De M’Poungui, disparu le 30 juillet à l’Hôpital Cochin de Paris, incarne l’itinéraire d’une génération formée en France avant de servir le Congo. Né en 1952 dans le district de Yamba, il avait choisi l’architecture pour allier science et esthétique. Arrivé en métropole avec une bourse d’État au début des années 1970, il rejoint les rangs de l’Association des étudiants congolais puis de la FEANF. Ces structures forgent son sens critique et son goût pour le débat d’idées, sans rompre le lien affectif avec la terre natale. Diplômé, il fonde un cabinet parisien…
Patrimoine et mémoire collective Le débat sur la restitution des œuvres patrimoniales, longtemps cantonné aux cénacles spécialisés, s’invite désormais dans les foyers africains et européens, redessinant les liens symboliques entre nations et cultures. L’enjeu dépasse la simple restitution matérielle : il interroge la construction de la mémoire, la transmission intergénérationnelle et le dialogue d’égal à égal entre sociétés anciennement colonisées et métropoles. Pour de nombreux chercheurs, la circulation physique des objets s’accompagne d’une circulation des savoirs, condition essentielle à la réappropriation des récits par les communautés d’origine. Un mouvement mondial en mutation Depuis une décennie, la multiplication des retours aux États-Unis,…