Auteur/autrice : Andre Ilunga
Une échoppe qui détonne Dès l’arrêt Coaster, la ruche commerçante du marché Total accueille le visiteur par un étonnant tableau : au milieu des étals de fruits et de tissus, une table de produits cosmétiques aligne des emballages vantant fessiers sculptés et performances intimes. L’imagerie tranche nettement avec l’environnement familial du lieu. Le vendeur, sourire tranquille, vante des gels chauffants et des poudres tonifiantes. Ses boîtes bariolées exhibent des silhouettes nues dans des poses explicites. Pour capter l’œil dans la cacophonie visuelle du marché, l’argument iconographique semble plus efficace qu’un long discours commercial. Regards croisés des client·e·s Marcelline, mère de…
Mossendjo, nouvelle scène poétique émergente In the savannah-lined chef-lieu du Niari, la ville de Mossendjo a vécu début août une parenthèse artistique singulière : la finale du concours « Poésie pour Mossendjo », première édition couronnée par la victoire de Jean-Didier Magnangani. L’évènement, accueilli dans la salle de mariage de l’Hôtel de ville, a réuni autorités municipales, sages locaux et invités venus saluer des plumes prometteuses, confirmant l’attrait croissant pour la création littéraire dans le sud-ouest congolais. Une initiative associative portée par la jeunesse Le coordinateur du G7 Mossendjo, l’écrivain et enseignant Bexelant Cyr Emland Moassa Ibhenguet, voyait dans ce concours…
Une implantation religieuse en expansion Sous un ciel clair de saison sèche, la première pierre du temple de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a été posée à Makelekele. Le geste marque un tournant dans l’histoire d’une communauté désormais forte de plusieurs milliers de fidèles. Annoncé par les apôtres Russell M. Nelson et Richard G. Scott dès 1992, le projet aura donc attendu trois décennies avant d’entrer en phase active, preuve de la persévérance d’une institution qui croit à un ancrage durable en Afrique centrale. La foi mormone, minoritaire mais dynamique, revendique près de 10 000 membres au…
Héritage musical, choix cinématographique À Brazzaville, le nom de Marie Jacqueline Mazioka, alias Jacquito Mpoungou, évoque une époque vibrante de rumba congolaise. Son fils, Gilles Djibril Miakalououa, aurait pu prolonger la lignée musicale ; il a pourtant choisi de traduire les mélodies en images. Âgé de quarante-six ans, l’artiste revendique un double héritage : la sensibilité musicale familiale et l’engagement visuel acquis sur les planches. « Je n’abandonne pas la chanson, je la déplace », confie-t-il, rappelant que le cinéma offre une scène élargie à tous les sens. Parcours de formation et d’apprentissage Son itinéraire débute dans la troupe artistique…
Un souverain à l’identité toujours débattue Figure fondatrice du royaume de Kongo dia Ntotila, Nimi Lukeni fascine autant les universitaires que les gardiens de la tradition. Son appartenance à l’aire culturelle Kuni ou Yombe demeure une question ouverte, nourrie par des récits souvent contradictoires et par la rareté des sources écrites précoloniales. Historiens, anthropologues et linguistes s’appuient désormais sur la triangulation des archives portugaises, des chants de lignage et de la recherche de terrain pour affiner les hypothèses. L’objectif n’est plus seulement de statuer sur une ethnie, mais de saisir un processus de formation politique régional. Indices linguistiques du Niari…
Pointe-Noire célèbre l’art oratoire Dans l’auditorium du Port autonome de Pointe-Noire, les applaudissements résonnaient longtemps avant la proclamation des résultats de la quatrième édition du concours d’éloquence BE Genius. La scène, décorée de couleurs nationales, a réuni élèves, étudiants, salariés et familles autour d’un même amour du verbe. Derrière cette ferveur, un thème fédérateur : « La responsabilité parentale pour éradiquer la délinquance juvénile ». Choisi par l’initiateur Géovil Solo, le sujet place la cellule familiale au centre des réponses sociétales, en écho aux engagements des pouvoirs publics en faveur de la cohésion nationale. Depuis 2020, BE Genius s’inscrit dans…
Une récompense qui dépasse le Pool Malebo Sur la scène dressée sur le site historique de Ndombasi, les notes du Super Nkolo Mboka se sont mêlées aux ovations d’un public conquis. Au terme d’une soirée électrique, Djoson Philosophe a reçu le Prix Pool Malebo de la première édition du Festival Nzola. Le trophée, consacré à la valorisation des créateurs installés sur les rives du fleuve Congo, honore un parcours déjà marqué par des collaborations régionales. Le chanteur brazzavillois s’est ainsi imposé comme l’un des symboles vivants d’une scène musicale kongo en pleine effervescence. Au-delà de la reconnaissance personnelle, la distinction…
Contexte historique de la célébration Depuis 1960, la Fête nationale du 15 août est jalonnée de concerts populaires où la jeunesse réaffirme son appartenance à la nation. L’édition 2025, marquant le 65e anniversaire de l’indépendance, promettait une communion festive inédite dans le mythique stade Alphonse-Massamba-Débat. Porté par des sponsors majeurs, dont l’opérateur MTN Congo, l’événement offrait une entrée gratuite aux gradins et proposait des loges payantes sous chapiteau. Cette formule hybride, devenue classique, visait à démocratiser l’accès au spectacle tout en assurant une rentabilité minimale aux organisateurs. Une affluence record Dès le crépuscule, d’immenses files d’attente s’étiraient dans les rues…
Un héritage panafricain toujours vivant Lorsque l’Organisation de l’unité africaine désigna, en 1996, Brazzaville comme terre d’accueil du Festival panafricain de musique, il s’agissait de prolonger le souffle intellectuel né à Dakar, Alger et Lagos. Derrière l’événement festif se nichait l’intuition que la culture pouvait devenir un langage diplomatique commun à même d’affermir la jeune construction continentale. Presque trois décennies plus tard, cette ambition demeure : le FESPAM continue d’incarner le legs symbolique des pères fondateurs, en rappelant que la souveraineté culturelle constitue un préalable à toute souveraineté politique digne de ce nom. Brazzaville 2025 : contraintes et convictions La…
Un festival sous le signe de la diplomatie culturelle La douzième édition du Festival panafricain de musique a refermé ses portes sous la fraîcheur d’une soirée de saison sèche, mais la salle de l’Olympia, au cœur du quartier Poto-Poto, affichait complet. Près de cinq cents spectateurs, dont le président Denis Sassou Nguesso et un aréopage de ministres, diplomates et représentants d’organisations internationales, ont choisi de consacrer cette ultime séance à la projection du documentaire de la réalisatrice franco-algérienne Yamina Benguigui. La présence du chef de l’État, remarquée et saluée, témoignait de la volonté des autorités de positionner la culture comme…