Auteur/autrice : Andre Ilunga

Un rite d’État à forte charge symbolique Au Palais des congrès de Brazzaville, l’effervescence tenait davantage de la célébration républicaine que de la simple cérémonie protocolaire. La remise de l’écharpe de Grand-Croix de l’Ordre du mérite congolais au professeur Théophile Obenga, par le chef de l’État Denis Sassou Nguesso, a convoqué toute la liturgie d’un hommage national. Officiels en tenues chamarrées, corps diplomatique attentif, délégations universitaires et artistes traditionnels du Kébé-Kébé se sont succédé dans une chorégraphie savamment réglée, rappelant que la République sait magnifier ses figures tutélaires dès lors qu’elles incarnent un pan entier de la mémoire collective. La…

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Un documentaire salué par l’État et le public Le 24 juillet, la salle Canal Olympia de Brazzaville affichait complet pour l’avant-première de « Rumba congolaise : les héroïnes », projetée dans le cadre du Festival panafricain de musique. La présence du président Denis Sassou Nguesso, de plusieurs membres du gouvernement et d’un large parterre d’artistes conférait à l’événement une dimension institutionnelle rare pour un film documentaire. Produite par Canal+, l’œuvre de la cinéaste franco-algérienne Yamina Benguigui a immédiatement reçu l’approbation du public, applaudissant la relecture sensible d’un patrimoine inscrit à l’Unesco depuis 2021. Cette reconnaissance officielle confirme la volonté des…

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Brazzaville au carrefour des mémoires musicales Sous l’immense coupole du Palais des Congrès, les premières mesures de percussions ont rappelé que Brazzaville n’est pas seulement la capitale administrative de la République du Congo ; elle est aussi le centre névralgique d’une sociabilité musicale panafricaine. Le Festival Panafricain de Musique, porté par le ministère de la Culture et des Arts et soutenu par plusieurs partenaires institutionnels, répond à une double ambition : offrir une vitrine aux créateurs contemporains et inscrire la rumba congolaise, récemment classée au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO, dans une dynamique de longue durée. Clotaire Kimbolo, témoin et acteur…

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Un festival qui épouse les enjeux du numérique En faisant converger, durant deux journées d’intenses réflexions, managers, programmateurs, chroniqueurs et développeurs de plateformes venus de trois capitales d’Afrique centrale, le Festival panafricain de musique réaffirme la vocation hybride que lui confère la ville de Brazzaville : célébrer l’héritage rythmique, tout en auscultant les mutations technologiques qui en refondent la circulation. Le commissaire général Hugues Gervais Ondaye, rappelant que « danser c’est bien, mais comprendre les outils numériques c’est décisif », a ainsi placé la douzième édition du FESPAM dans le sillage direct des politiques publiques congolaises d’accélération de l’économie numérique,…

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Brazzaville célèbre le tempo afro-latino Dans la moiteur musicale de juillet, Brazzaville bruisse des sonorités qui font du Festival panafricain de musique un véritable forum de civilisations. La douzième édition, ouverte sous le haut patronage des autorités congolaises, élargit cette année encore son spectre géographique. L’arrivée du groupe vénézuélien Madera, première formation issue de la République bolivarienne à fouler la scène du Fespam, confère à la manifestation une coloration afro-latine inédite, saluée par plusieurs observateurs culturels comme un jalon dans l’histoire du festival. Une première participation riche de symboles diplomatiques Au-delà de l’aspect artistique, la présence de Madera relève d’un…

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Un écran partagé entre mémoire et influence culturelle Dans la pénombre feutrée de l’auditorium de l’ambassade du Venezuela à Brazzaville, l’image de Simón Bolívar a traversé l’Atlantique pour rencontrer un public congolais averti. La projection du film « Bolívar, l’homme des difficultés », inscrite dans le calendrier officiel du « Juillet patriotique » vénézuélien, a célébré les 214 ans de l’indépendance de la République bolivarienne tout en rappelant la vitalité du dialogue culturel Sud-Sud. L’initiative, saluée par des diplomates présents, confirme le rôle du septième art comme vecteur d’influence douce et de mise en récit du politique. De Caracas à…

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Aux prémices d’une révolution sonore numérique En bordure du fleuve Congo, le Palais des congrès de Brazzaville a bruissé, deux journées durant, des échanges denses et feutrés d’une trentaine de professionnels venus scruter l’avenir de la filière musicale africaine. L’Organisation internationale de la Francophonie, appuyée par le Comité d’organisation du Festival panafricain de musique (Fespam), a placé ces assises sous l’angle de la « découvrabilité », concept désormais incontournable dans l’écosystème du streaming. Le choix de la capitale congolaise n’est pas anodin : depuis plusieurs éditions, les autorités entendent faire de cet événement un levier diplomatique, économique et culturel au service…

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Une tribune littéraire au cœur de Pointe-Noire Le 19 juillet, la salle voutée du musée Cercle africain résonnait de voix passionnées. Sous l’impulsion du Café Prud’homme, lieu d’échanges intellectuels désormais incontournable, diplomates de passage, universitaires et fidèles lecteurs s’y étaient donné rendez-vous pour explorer l’œuvre récente de Bernard Moussoki. Cette configuration, à mi-chemin entre think tank culturel et agora citoyenne, a donné au séminaire une tonalité presque académique, témoignant du renouveau des rencontres littéraires dans la capitale économique du Congo. D’emblée, l’atmosphère s’est distinguée par un va-et-vient permanent entre la table des intervenants et le public, venu en nombre. Aucun…

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Lancement présidentiel sous le sceau du dialogue culturel Au Palais des congrès de Brazzaville, la ferveur collective a épousé les notes de fanfare lorsque le chef de l’État, Denis Sassou Nguesso, a déclaré ouverte la douzième édition du Festival panafricain de musique. L’événement, installé dans l’agenda continental depuis 1996, illustre la volonté congolaise d’adosser sa politique culturelle à une diplomatie du vivre-ensemble. Devant un parterre d’invités où se mêlaient représentants d’organisations internationales, membres du corps diplomatique et figures de la scène artistique, le Président a rappelé « la vocation fédératrice et pacificatrice de la musique », affirmant ainsi la place…

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Un parcours d’érudition transcontinental Né en 1935 à Kinkala, au cœur de la région du Pool, Martial Sinda grandit dans un environnement où la tradition kongo et l’enseignement missionnaire se côtoyaient. Cette double influence nourrit sa curiosité pour la théologie africaine qu’il étudiera à la Sorbonne dès les années 1950, avant de rejoindre les universités de Dakar et de Kinshasa. Sa thèse sur les structures symboliques des religions bantoues, soutenue à Paris I, demeure une référence pour les anthropologues des religions. Parallèlement, il publie en 1955 le long poème « Chant de Départ », salué par le Grand Prix littéraire de l’Afrique-Équatoriale…

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