Auteur/autrice : Andre Ilunga
Retour discret, renaissance littéraire Le bruissement qui entoure la parution de « Mon regard sur le monde » contraste avec la discrétion que Christ Kibeloh avait choisie depuis 2017. Sans conférence tapageuse ni battage médiatique, l’auteur de « Une vie d’enfer » réapparaît, mûri, dans un paysage littéraire congolais dont la vitalité est régulièrement saluée par les observateurs internationaux. L’ouvrage, hybride par essence, atteste de la volonté d’un écrivain de transcender les carcans génériques pour saisir, d’un même mouvement, la pulsation intime de l’expérience vécue et la rumeur collective des destinées africaines. À Brazzaville, ce retour est accueilli avec bienveillance…
Un lancement présidentiel aux accents diplomatiques Il est un peu plus de dix-neuf heures lorsque Denis Sassou Nguesso, visage serein, proclame l’ouverture de la 12ᵉ édition du Festival panafricain de musique. Le Palais des congrès retient son souffle, dense de diplomates, de parlementaires, de représentants d’organisations multilatérales et d’artistes venus de trois continents. Le chef de l’État, dont la trajectoire politique est indissociable d’une diplomatie culturelle patiemment façonnée, rappelle dans une brève allocution la vocation « d’unité et de projection mondiale » assignée à l’événement depuis 1996. À ses côtés, la ministre de l’Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs,…
Madingou au cœur de la culture sape Avec ses collines verdoyantes et son ancrage historique sur la ligne du Chemin de fer Congo-Océan, Madingou s’apprête à devenir, le 14 août 2025, la capitale éphémère de la « religion kitendi ». En annonçant officiellement la neuvième édition du Festival de la sape, le préfet du département de la Bouenza, Marcel Nganongo, confirme l’enracinement d’un mouvement esthétique né dans les faubourgs de Brazzaville mais désormais porté par l’ensemble du territoire. La sape, autrefois expression marginale, se voit ici reconnaître un patrimoine vivant, apte à fédérer la jeunesse autour d’un imaginaire d’élégance, de…
La mémoire des grandes heures Lorsque Brazzaville inaugura, en 1996, le Festival panafricain de musique, la jeune manifestation fit aussitôt figure de trait d’union entre les deux rives du fleuve Congo et, au-delà, entre les imaginaires musicaux du continent. Certains observateurs se souviennent encore de l’ovation qui salua, cette année-là, les ensembles de rumba venus de Kinshasa, Dakar ou Abidjan. Porté par l’État, le FESPAM naquit au croisement d’une ambition culturelle—faire résonner l’unité africaine—et d’une volonté géopolitique, celle d’inscrire la République du Congo dans le cercle restreint des capitales de la diplomatie culturelle africaine. Presque trois décennies plus tard, la…
Un podium entre héritage et futur Le 11 juillet, la capitale congolaise a livré un visage où l’esthétique dialogue avec la diplomatie culturelle. Dans la salle comble du centre culturel de Poto-Poto, la créatrice Penda Sako a présenté « Entre tradition et modernité », aboutissement de deux années d’expérimentation patiente. L’événement, organisé quelques jours avant la Fête nationale, visait autant la célébration artistique que la projection d’une image cohérente : celle d’un Congo-Brazzaville capable de transformer son patrimoine vestimentaire en vecteur d’influence régionale. Une scénographie au souffle rituel Le spectacle s’est ouvert sur un prélude chorégraphique conduit par un ensemble…
Brazzaville se prépare malgré les contraintes budgétaires Sous un ciel de saison sèche, les abords du Palais des congrès de Brazzaville s’animent déjà des premiers tests de sonorisation. La ministre de l’Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs, Marie-France Hélène Lydie Pongault, a confirmé que le Festival panafricain de musique aura bien lieu du 19 au 26 juillet 2025, dissipant les conjectures d’annulation qui circulaient depuis plusieurs semaines. Le resserrement budgétaire, conséquence d’une conjoncture économique internationale défavorable et d’un recentrage des priorités nationales, a conduit les organisateurs à opter pour un format plus compact. Loin d’être perçu comme une régression,…
Une patrimonialisation mondiale encore incomplète Lorsqu’en décembre 2021 la rumba congolaise a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, l’Afrique centrale célébrait une reconnaissance longtemps attendue. Pourtant, l’instant solennel a fait apparaître une lacune : la mise en lumière quasi exclusive des figures masculines. Or, des voix féminines ont façonné dès les années 1940 ce style né de l’alliance entre rythmes bantous, influences afro-cubaines et histoires de la diaspora. Ombres bienveillantes des studios, elles ont contribué à populariser la rumba de part et d’autre du fleuve Congo, offrant au monde une signature musicale devenue emblématique de la sociabilité urbaine…
Une soirée littéraire au cœur de Brazzaville À la faveur d’un crépuscule tiède de juin, la salle des conférences des éditions l’Harmattan Congo a vibré d’un calme recueillement. Sous les regards mêlés de diplomates, de responsables culturels et de jeunes lecteurs, le commandant de police Césaire Baltazar Obambi a posé une plume sur la mémoire collective en dédicaçant « Des mots, de l’amour et des larmes ». Le protocole était sobre : un pupitre, quelques bouquets d’hibiscus et l’étendard tricolore rappelant que, loin d’être un divertissement mondain, la poésie participe de la respiration civique. La culture, matrice de la résilience…
Un air de fleuve Congo sur les hauteurs du Mont-Valérien À peine franchi le portail du centre de loisirs des Landes, le visiteur ressent la détonation bienveillante d’un brassage sensoriel où se superposent effluves d’attiéké poivré, guitares rumba et éclats de rires polyglottes. Depuis le premier week-end de juillet, l’esplanade de Suresnes vibre aux rythmes de la quatorzième édition de la Guinguette africaine. Le maire, Guillaume Boudy, en donnant le signal inaugural, a réaffirmé l’ambition d’une ville qui assume de transformer un lieu de loisirs francilien en réplique festive des berges du fleuve Congo. La manifestation se prolonge jusqu’au 24…
La Fête internationale de la musique, pivot d’un calendrier culturel congolais Le 21 juin, Pointe-Noire n’a pas failli à la tradition instaurée en 1982 par Jack Lang et depuis adoptée par plus de cent pays. Dans la capitale économique du Congo, ce rendez-vous annuel ne se limite plus à un simple divertissement urbain : il matérialise l’idéal d’accessibilité culturelle en ouvrant sans distinction l’espace public à l’expression artistique. L’édition 2024, marquée par une forte affluence, a confirmé cette vocation inclusive. À l’ombre des grands podiums installés sur le front de mer, le quartier populaire de Mpita s’est mué en amphithéâtre…