Auteur/autrice : Andre Ilunga
Souvenir d’un passeur de rythmes Le tintement d’une guitare sèche sur les rives du fleuve Congo suffit, à lui seul, à rappeler la silhouette érudite de Mfumu Fylla Saint-Eudes. Cinq ans après sa disparition, le 25 juin 2020, les Brazzavillois murmurent encore son nom comme on scande un refrain familier. Non pas par nostalgie béate, mais parce que la trajectoire de ce journaliste-musicologue se confond avec la migration planétaire d’un genre qui, de Matonge à Paris, fédère déjà plusieurs générations : la rumba congolaise. Figure transversale, docteur en sciences de l’information et de la communication, l’homme a su conjuguer rigueur…
Le musée du Bassin du Congo, nouvel épicentre d’une mémoire partagée Sous la verrière encore fraîchement restaurée du musée du Bassin du Congo, le vernissage du 25 juin a pris des accents de rituel civique. Le cortège officiel ouvert par la ministre de l’Industrie culturelle et artistique, Lydie Pongault, n’a pas seulement donné le ton protocolaire : il a signifié l’appropriation politique d’un événement dont la portée dépasse les frontières nationales. Face aux tableaux de Bonide Miekoutima, les diplomates accrédités à Brazzaville ont mesuré la capacité de la rumba à fédérer les récits de la République du Congo comme de…
Brazzaville transforme le 21 juin en vitrine d’influence culturelle Dans une capitale longtemps façonnée par l’imaginaire de la « ville verte », la Fête internationale de la musique, née en 1982 sous l’impulsion de Jack Lang, s’est imposée comme un rituel global. Pour sa quarante-troisième édition, Brazzaville a multiplié les scènes, des traditionnels podiums du centre-ville au jardin d’un hôtel de Mafouta, donnant du relief au thème consacré aux musiques traditionnelles. Au-delà des applaudissements, l’événement témoigne d’une intention stratégique : inscrire la République du Congo dans la cartographie des capitales africaines capables de fédérer des audiences transnationales autour d’un acte culturel apparemment…
Brazzaville entre arts et influence régionale Dans l’imaginaire de nombreuses chancelleries africaines, Brazzaville reste la sœur discrète de Kinshasa. Pourtant, le week-end du 27 au 28 juin prochain met en lumière une vitalité culturelle qui dépasse le simple divertissement. En agrégeant musique chorale, théâtre engagé, cinéma de première diffusion et rendez-vous participatifs, la capitale congolaise fait dialoguer identité nationale et ambition d’influence régionale. Les décideurs y voient un levier de cohésion interne, quand les diplomates décèlent une stratégie de rayonnement plus affirmée depuis que la République du Congo s’efforce de diversifier ses atouts au-delà de l’or noir. Le rôle névralgique…
Mossendjo érige la Louessé en scène mondiale : le FRIAL, miroir d’une diplomatie culturelle en devenir
Mossendjo, laboratoire d’un soft power en gestation À première vue, la perspective de neuf jours de danses traditionnelles paraît relever du simple divertissement. Elle s’inscrit pourtant dans une stratégie plus ambitieuse où la ville forestière de Mossendjo, épicentre commercial du Niari méridional, endosse un rôle de vitrine du soft power congolais. Les autorités culturelles, relayées par la direction du festival, soulignent que l’initiative répond à l’Appel de Brazzaville pour la valorisation du patrimoine immatériel formulé lors du Forum panafricain de 2023 (Ministère de la Culture du Congo, communiqué du 12 mai 2024). Dans un pays soucieux d’équilibrer les investissements pétroliers…
Pointe-Noire, une tradition musicale au service de la cohésion sociale Dans la capitale économique congolaise, la Fête internationale de la musique n’est pas qu’une simple réjouissance populaire : elle constitue un rituel civique qui, depuis son adoption officielle en 1982 par le ministère français de la Culture puis sa diffusion en Afrique centrale, sert de creuset à l’affirmation identitaire de la ville portuaire. En témoignent les statistiques de la Direction départementale de la Culture, qui recensait plus de cinquante scènes ouvertes en 2022, de la côte atlantique aux quartiers périphériques. Mpita, faubourg réputé pour ses ateliers d’initiation artistique, a ainsi…
Une échappée francophone au service du soft power français Décidé à franchir la Méditerranée, le groupe TF1 promet de mettre en ligne TF1+ dans 27 États d’Afrique francophone à compter du 30 juin 2025. Dans les couloirs du siège de Boulogne, on parle d’une « extension naturelle de la communauté linguistique ». L’Organisation internationale de la Francophonie anticipe 321 millions de locuteurs africains à l’horizon 2050, un réservoir qu’aucun diffuseur hexagonal ne peut ignorer (OIF, 2023). Cette offensive s’inscrit dans une stratégie de soft power où la mise à disposition gratuite d’un catalogue de 30 000 heures – feuilletons patrimoniaux,…
Une Soirée de Musique au Bord du Djoué À l’occasion de la fête de la musique, le groupe légendaire Conquering Lions a transformé les rives de la rivière Djoué à Brazzaville en une scène ardente de vibrations reggae. Ce concert gratuit, qui s’est tenu le 21 juin, a rassemblé une foule captivée par les sonorités envoûtantes et l’énergie communicative des artistes. La symbiose entre la nature sauvage des chutes du Djoué et les rythmes chaloupés du reggae a créé une atmosphère unique, enchanteresse pour tous les mélomanes présents. Un Pèlerinage Musical de Pointe-Noire à Brazzaville Venus directement de Pointe-Noire, les…
Une coopération internationale pour le patrimoine L’un des plus grands défis auxquels le Congo est confronté est la préservation de son patrimoine archivistique. Cette tâche ardue voit le jour grâce à de nombreuses collaborations internationales, dont la plus récente implique une coopération entre la Suisse et le Congo. À Pointe-Noire, la capitale économique du Congo, une mission conjointe d’experts est en cours. Composée de représentants congolais et d’universitaires suisses, cette mission s’efforce de poursuivre le travail commencé pour protéger les archives datant du Moyen-Congo jusqu’à l’indépendance du pays en 1960 et allant jusqu’à l’année 2000. Réhabilitation des archives en péril…
Une célébration vibrante à Tchimbambouka Le 21 juin dernier, le quartier Tchimbambouka à Pointe-Noire a été le théâtre d’une célébration musicale exceptionnelle, marquée par les rythmes envoûtants de la musique traditionnelle. Orchestrée par le Comité régional des ensembles traditionnels du Kouilou (Cretk), cette manifestation s’est tenue à l’Espace culturel Le Mbongui, un lieu riche en symboles et en histoire. La présence de figures emblématiques telles qu’Aurelien Kaya, conseiller socio-culturel de l’administrateur-maire de Ngoyo, et Frédéric Pambou, président honoraire du Centre d’études de civilisation Loango, a rehaussé l’éclat de cet événement. Le rôle central de la musique traditionnelle Alphonse Mantsanga, président…