Auteur/autrice : Katuta Mbanda

Un département à la croisée des vulnérabilités climatiques Nichée entre savanes et vallées fluviales, la région du Pool illustre de façon saisissante les enjeux contemporains de la transition climatique au Congo-Brazzaville. Frappées par une variabilité pluviométrique accrue et des épisodes d’érosion des sols, les communautés rurales voient s’ajouter aux défis environnementaux l’héritage d’années de perturbations sociopolitiques. L’impératif de créer un climat de confiance entre acteurs publics, bailleurs multilatéraux et populations locales se hisse ainsi au rang de priorité stratégique. C’est dans cette conjoncture que le Projet de création des activités économiques inclusives et résilientes au changement climatique, plus connu sous…

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Chronologie d’un dispositif transitoire devenu structurel L’histoire débute entre 2004 et 2008, lorsque l’État congolais conclut avec cinq opérateurs – dont Congo Dejia Wood Industry et la Société industrielle et forestière du Congo – des conventions d’aménagement et de transformation d’une durée de quinze ans. Ces contrats, adossés au Code forestier de 2000, fixaient des obligations précises : élaboration de plans d’aménagement, construction d’unités industrielles locales et versement de redevances destinées aux collectivités riveraines. L’échéance contractuelle, atteinte pour la plupart des concessions en 2019, aurait normalement dû déboucher sur une évaluation exhaustive, préalable à la reconduction ou à la remise en…

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Brazzaville accueille le temps long de la forêt À l’ombre des manguiers qui bordent l’avenue de l’Indépendance, l’hôtel Michaël a résonné, deux jours durant, du souffle feutré de la diplomatie environnementale. Du 23 au 24 juin 2025, la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme et l’Observatoire congolais des droits de l’homme, soutenus par l’Agence de développement du Foreign, Commonwealth and Development Office, ont réuni près d’une quarantaine de décideurs, d’experts et de représentants communautaires. L’objectif affiché consistait à renforcer « les synergies pour une gouvernance inclusive des forêts et du climat », un fil conducteur parfaitement en…

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Une empreinte géographique singulière Au cœur de l’Afrique centrale, la République du Congo se déploie sur près de 342 000 km², de la façade atlantique aux marges forestières orientales. Traversé par l’Équateur, le territoire conjugue hémisphères Nord et Sud, lui conférant une amplitude climatique rare. Environ 70 % de sa surface est drapée par le second massif tropical du globe, matrice d’un capital carbone vital pour la planète et d’un réservoir de biodiversité que les autorités entendent préserver. Entre crêtes modestes – le mont Nabemba culmine à 1 020 m – et vallées inondables, cette mosaïque de reliefs conditionne la…

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Brazzaville, pivot urbain et miroir démographique Ville‐capitale lovée face à Kinshasa, Brazzaville concentre plus de la moitié des habitants du pays selon les dernières estimations de l’Institut national de la statistique. Dans l’imaginaire collectif, cette métropole fluviale est à la fois port intérieur, carrefour culturel et laboratoire de politiques publiques. La densité humaine remarquable de la vallée du fleuve contraste avec l’immensité forestière et savanienne qui s’étend vers le nord-ouest. Cet écart territorial oblige l’administration à penser une répartition équilibrée des investissements afin d’éviter une polarisation excessive et de soutenir l’émergence de pôles secondaires comme Pointe-Noire, Ouesso ou Dolisie. Frontières…

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Un héritage minier devenu vulnérabilité sanitaire Dans le sud du Congo, Mbinda incarne l’histoire ambiguë des villes mono-industrielles africaines. Trente-quatre ans après la fin brutale du convoi de manganèse vers Pointe-Noire, l’ancienne cité Comilog n’est plus qu’une silhouette industrielle à demi effacée. Les infrastructures se sont évaporées : l’eau potable aussi vite que l’électricité, laissant la population dépendante des nappes phréatiques et des rivières alentour. Cette régression hydraulique expose la ville à des pathogènes qui, hier encore, relevaient du folklore religieux et, aujourd’hui, figurent dans les bulletins épidémiologiques nationaux. L’assainissement de la rivière Yordane n’est pas seulement un geste environnemental ; il…

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Le bassin du Congo, laboratoire exposé de la diplomatie climatique Deuxième massif forestier tropical de la planète, le bassin du Congo stocke plus de trente milliards de tonnes de carbone et fournit un climat tempéré à l’Afrique centrale. Pourtant, l’équilibre apparemment immuable des grandes essences – sapelli, sipo, okoumé – dépend d’un dispositif législatif que nombre de diplomates considèrent déjà comme « hors d’âge ». Depuis la COP26 de Glasgow, les partenaires techniques et financiers ne cessent de lier leur aide à la révision d’un Code forestier adopté en 2020 mais encore privé de ses textes d’application. De Washington à…

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Dialogues pluriels autour d’une forêt sous tension Le forum multi-acteurs qui s’est tenu les 23 et 24 juin à Brazzaville n’a pas seulement rassemblé une trentaine de participants, il a fait converger des univers rarement assis à la même table : organisations de la société civile, représentants ministériels, cadres d’entreprises forestières, exploitants miniers artisanaux, alliés diplomatiques et délégués des peuples autochtones. L’Observatoire congolais des droits de l’Homme et la Rencontre pour la paix et les droits de l’Homme, cheville ouvrière de l’événement, ont volontairement opté pour un format inclusif, jugeant que la durabilité exige « des voix dissonantes mais complémentaires…

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Un partenariat turco-congolais sous les projecteurs Avec la signature, en octobre 2022, d’une concession de vingt-cinq ans attribuant au conglomérat turc Albayrak la collecte et la valorisation des déchets de Brazzaville et Pointe-Noire, les autorités congolaises misaient sur un coup d’accélérateur sanitaire et diplomatique (Agence Anadolu, 22 octobre 2022). Le président Denis Sassou-Nguesso avait lui-même vanté « l’expertise logistique d’Albayrak et son sens de la discipline industrielle » lors d’un déplacement à Istanbul. Pourtant, moins de deux ans après, les artères de Moukondo ou de Tié-Tié restent encombrées de sacs d’immondices, alimentant une controverse sur la capacité réelle du partenaire…

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Un opérateur turc propulsé au rang de bras armé de la propreté congolaise En septembre 2020, à la faveur d’un décret présidentiel, le consortium turc Albayrak se voyait confier pour dix ans la collecte, le traitement et la valorisation des déchets solides de Brazzaville et de Pointe-Noire. L’investissement annoncé – près de 70 millions de dollars selon la presse d’Ankara, 60 millions selon les autorités congolaises – devait permettre l’achat de plus de 200 camions, la réhabilitation des décharges de Mpila et Vindoulou, ainsi que la construction d’unités de tri (Anadolu, 03/07/2020). Gage de sérieux, la société affichait déjà des…

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